Aujourd'hui, L.A. Confidential est considéré comme un des mètres étalon du film noir des années 90 mais il faut rappeler qu'à cette époque, la concurrence n'est pas vraiment rude dans un genre déserté par Hollywood, à l'exception de John Dahl (Last Seduction) voire des frères Coen (Fargo) avec un style qui n'appartient qu'à eux. Après quelques thriller sympathiques (La main sur le berceau), Curtis Hanson accède grâce à ce film à la cour des grands, Brian Helgeland gagne ses galons de scénariste réputé qui a réussi la gageure d'adapter James Elroy (il fera plus tard de même avec Michael Connelly pour Créance de sang et surtout Dennis Lehane pour Mystic River). Côté acteur, Kevin Spacey est alors en pleine ascension après Seven et Usual Suspects, on découvre la présence puissante de Russel Crowe (déjà repéré dans le Mort ou vif de Sam Raimi) et Kim Basinger en clone glamour de Veronica Lake rafle même un Oscar. Cette récompense semble pourtant bien injustifiée, à l'image de la réputation dont jouit ce très surestimé L.A. Confidential.
C'est de la bel ouvrage mais sans charme, sans âme. Sans la noirceur rugueuse surtout de James Elroy (qui semble pourtant avoir apprécié l'adaptation) dont il lisse trop l'univers et simplifie les personnages réduits à des archétypes (l'ambitieux, la brute, le dandy). La force touffue du roman se trouve diluée dans une reconstitution d'époque soignée quoique plus fantasmée que charnelle. Ceci étant, mécanique éprouvée, le film tient en haleine grâce aux talents en présence. La mise en scène ne manque pas d'ampleur, l'ensemble des comédiens jouent une partition impeccable mais il n'en demeure pas moins que l'Adaptation de James Elroy reste encore à faire. Et finalement, on préférera presque à ce L.A. Confidential un brin prétentieux le plus modeste Cop de James B. Harris, pourtant trahison - déjà - du désespéré Lune sanglante. (11.06.2023) ⍖⍖



Commentaires
Enregistrer un commentaire