Necare - Ruin (2004)


Devenu l'écurie favorite des doomeux, suite à la salve Tyranny / My Shameful / Swallow The Sun et Woods Of Belial (excusez du peu !), Firebox tend l'oreille en dehors des frontières finlandaises afin de dénicher de nouveaux pourvoyeurs en spleen. Après l'Australie, avec The Eternal, c'est au tour des Etats-Unis, en la personne de Necare, jeune formation, derrière laquelle se planque un mystérieux duo se résumant à de biens hermétiques initiales. Certes américain, le groupe ne noue pourtant que peu de liens, et pour ainsi dire aucun, avec le doom enfanté dans les forges de l'Oncle Sam ; sa musique n'a pas ce caractère graisseux, propre à Saint Vitus, ni ce goût de ferraille que seul le sludge exsude. Non ses références sont plutôt à chercher en Europe, et plus particulièrement dans la trilogie du doom death britannique de la première moitié des années 90, incarnée par Paradise Lost, My Dying Bride et Anathema, et que l'on ne présente plus. 

On sent à l'écoute de ces longues complaintes conduits par des riffs qui pleurent une profonde mélancolie, que les deux cow-boys au look de premiers de la classe, ont passé certainement beaucoup de temps à décortiquer les débuts des frangins Cavanagh. Ruin vibre d'une tristesse identique et se pare de cette douloureuse beauté propres aux Anglais. Plongez-vous donc dans le titre éponyme pour en convaincre, on a l'impression d'avoir pris place dans la DeLorean de Marty McFly et de se retrouver en 1995, date de la sortie du The Silent Enigma d'Anathema ! Ce tribu aux Grands Anciens pourrait être gênant, mais il n'en est heureusement rien car Necare parvient à développer, certes encore timidement, son identité. Très mélodique et plus gothique (le visuel à la Cradle Of Filth l'atteste), il enveloppe son art d'un romantisme noir, d'une véritable poésie des Ténèbres ("Celia", "Desire"), qui le rend intéressant. Fort de ce premier jet des plus prometteur, ce nouveau venu est donc de ceux qu'il va falloir suivre de près, d'autant plus s'il réussit à s'affranchir d'influences encore par trop évidentes. Néanmoins, son silence radio depuis, n'augure pas d'un avenir radieux et durable…(01.06.2007) ⍖⍖

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