Alors qu'il jouit d'une grande réputation aux Etats-Unis, couronné par un Oscar (meilleur second rôle pour Martin Balsam), Des clowns par milliers ne bénéficie pas en France d'une égale considération comme l'illustre l'absence de critique publiée à son sujet. Le film porte à l'écran une pièce de théâtre à succès de Herb Gardner dont la plupart des comédiens sont convoqués pour reprendre leur rôle, à l'exception, curieusement, de Sandy Dennis remplacée par Barbara Harris qu'on retrouvera plus tard dans le Complot de famille (1976) d'Alfred Hitchcock. Jason Robards est formidable, la critique de la société moderne percluse de conformisme, juste et impertinente à l'époque, ne l'est pas moins encore aujourd'hui.
Malheureusement, A Thousand Clowns ne parvient jamais à s'affranchir de son origine théâtrale, la majorité du temps circonscrit aux quatre murs de l'appartement qu'occupent Murray et son neveu et ce, en dépit des tentatives, parfois poétiques, du réalisateur Fred Coe, pour aérer son récit. Bavard, le résultat ne peut échapper à l'ennui. Ce personnage anticonformiste en bute contre les diktats d'une société aliénante est pourtant attachant. Face à la raison et au carriérisme incarnés par Martin Balsam, Jason Robards confère à cet homme épris de liberté la pointe de folie nécessaire. La fin, qui le voit courir après un bus pour se rendre au travail comme tous ces moutons qui font de même et dont il refusait de partager la docilité à l'égard d'une société qui les enferment dans des cases et les collent sur des rails qu'ils n'ont finalement pas le droit de quitter, laisse néanmoins un goût amer, imposant peut-être l'idée que l'homme ne peut échapper bien longtemps à ce conformisme rassurant... (02.07.2023) ⍖⍖



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