Deuxième épisode d’un curieux corpus de quatre films d’inspiration évangélique (?), A Distant Thunder aligne les mêmes (petites) qualités et surtout (grands) défauts du séminal A Thief In The Night (1972) dans le patron duquel il coud sa trame aux multiples flashbacks. L’énergie aussi charmante qu’espiègle de Patty Dunning, une ambiance vaguement psychédélique et une angoisse sourde sont à mettre à l’actif de ce film que freine malheureusement une fâcheuse absence de rythme et mitent de pénibles prêches le poussant dans un ennui dont sa durée ramassée (76 minutes) ne le prive même pas. Ferrés par le thème de la fin des temps (la Grande Tribulation), les amateurs de science-fiction apocalyptique en seront donc pour leur frais tant l’horreur s’y montre bien timide.
Entre deux discours religieux, A Distant Thunder ne capte véritablement l’attention que lorsqu’il épouse la forme d’un insolite road-movie féminin. Dommage car outre l’atmosphère bizarre qu’elles exsudent et lui confère son charme modeste, les aventures de Patty refusant la marque de la Bête ne sont pas sans posséder une dimension prophétique en imaginant un nouvel ordre mondial satanique incarné par une émanation diabolique des Nations Unies tant elles rencontrent un écho troublant avec les temps sombres qui enténèbrent le monde actuel plus que jamais au bord d’un abîme dont il n’échappera sans doute pas. Poursuivi par Image Of The Beast (1981) et The Prodigal Planet (1983), A Distant Thunder n’en demeure pas moins ennuyeux, SF évangélique étrange mais trop bavarde pour susciter davantage que la simple curiosité. (01.09.2023) ⍖
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