Djordje Kadijevic - A Holy Place (1990)


A Holy Place est considéré comme un classique de l’horreur serbe (ou yougoslave à l’époque) dont l’honnêteté oblige votre serviteur à reconnaître qu’il la connaît mal sinon pas du tout, à l’exception de Leptirica (1973) du même Djordje Kadijevic. L’oeuvre est-elle pour autant représentative du cinéma fantastique venu des Balkans ? Ce n’est pas le cas à priori car Sveto Mesto apparaît totalement anachronique dans le paysage horrifique des années 90, drapé dans une esthétique gothique qui l’assimile davantage à l’épouvante des années 60 (celle de la Hammer, Mario Bava et autre Roger Corman). D’ailleurs comme Bava avec Le masque du démon (1960), Kadijevic adapte le fameux conte de Nicolas Gogol, Vij. 


S'il en dévide la trame d’une manière fidèle, le film prend néanmoins quelques libertés avec l’histoire originale, moins parce qu’il la déplace de la Russie aux campagnes de l’actuelle Serbie que pour son traitement vicieusement érotique. Viol, nécrophilie, inceste, voyeurisme et saphisme poissent le récit d’un stupre malsain, associant la sexualité la plus déviante aux forces démoniaques. De cette atmosphère immorale tout en suggestion, trouble et néanmoins pesante,  A Holy Place tire tout son sel licencieux. De ces petits villages du XIXè siècle nichés dans les Balkans, il puise à la fois cette ambiance très particulière car propre à cette région ainsi que son lustre gothique dont il use de tout l’arsenal visuel fait de calèche sinistre qui déchire la nuit ou de caveaux brumeux, théâtre de manifestations diaboliques. A Holy Place n’usurpe pas sa flatteuse réputation.  (21.01.2024) ⍖⍖


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