On ne compte plus les versions cinématographiques ou télévisuelles de l’énigme de Jack l’Eventreur qui aujourd’hui encore ne cesse de fasciner. Cette fiction réalisée par David Wickles, auteur d’un Sweeney (1977) de bonne mémoire, est en fait une mini-série en deux épisodes tournée à l’occasion du centenaire des meurtres de Whitchapel. Et, une fois n’est pas coutume, ce produit TV tient la dragée haute à bon nombre de films, à commencer par le From Hell (2001) des frères Hughes qui lui aussi retrace l’enquête de l’inspecteur Abberline (campé par Johnny Deep) et basé sur la même théorie selon laquelle le tueur en série serait l’un des médecins de la famille royale, thèse désormais battue en brèche bien qu’elle ne paraisse pas si farfelue que cela. Du reste, l’identité de Jack l’Eventreur n’a toujours pas été clairement résolue même si certains prétendent qu’il s’agirait d’un juif polonais, barbier de profession. Bien qu’il n’ait pas échappé aux affres du temps (la photo de Alan Hume ou le jeu de certains acteurs qui en font des caisses, particulièrement Armand Assante), ce téléfilm reste d’un très bon niveau.
L’ambiance grouillante de Whitechapel est bien restituée tout comme les tensions sociales qui secouent alors ce quartier mal famé. Multipliant les fausses pistes et les suspects potentiels, l’histoire tient en haleine tout du long de ses plus de trois heures de pellicules. Surtout, Michael Caine en mode Sherlock Holmes, compose un inspecteur Abberline tout en panache, formant avec le regretté Lewis Collins (le Bodie de la série Les professionnels) un savoureux duo. Ce téléfilm, qui lui vaudra très justement un Golden Globe, s’inscrit pour l’interprète de Harry Palmer dans la période la plus féconde – mais pas la meilleure - de sa carrière qui le voit enchaîner les films à un rythme frénétique, très bons parfois (Mona Lisa, Hannah et ses sœurs, Elémentaire mon cher Lock.. Holmes), anecdotiques le plus souvent (Le quatrième protocole, Le plus escroc des deux), flirtant même franchement avec le nanar alimentaire (Les dents de la mer 4, Double arnaque). Bien qu’il ait incontestablement vieilli, ce Jack l’Eventreur demeure toutefois une référence parmi les multiples adaptations de cette énigme policière, téléfilm de grande qualité dans sa restitution de l’Angleterre Victorienne et son interprétation, aussi solide qu’impeccable. (04.03.2024) ⍖⍖⍖
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