CinéZone | Rino Di Silvestro - La louve sanguinaire (1976)


Pataugeant dans le bis le plus crapoteux avec beaucoup de fesse dedans, entre WIP (La vie sexuelle dans les prisons de femmes), nazisploitation (Les déportés de la section spéciale SS) et prostitution adolescente (A 16 ans dans l’enfer d‘Amsterdam) Rino Di Silvestro trimbale une sale réputation. Des huit films qu’il a commis, La louve sanguinaire demeure certainement celui qui se tient le mieux même si le niveau n’est pas très élevé. Copulant lycanthropie et réincarnation, horreur gothique et rape & revenge sur fond de pulsions sexuelles refoulées en une quête purificatrice meurtrière, l’histoire semble n’être qu’un prétexte à exhiber du téton et de la chatte velue. Le réalisateur peut compter sur Annick Borel (L’amour chez les poids lourds de l’inénarrable Jean-Marie Pallardy) pour corser son film de séquences à mi chemin entre érotisme et gore halluciné (la hache en pleine gueule). 


Elle ne joue pas très bien (euphémisme) mais séduit néanmoins dans la peau de cette femme tourmentée qui mouille par tous les pores un vice trouble et malsain, des obscénités pleins la bouche. A ses côtés, la belle Dagmar Lassander (Si douce, si perverse) n’a pas grand-chose à faire à part se dépoiler elle aussi. Quant à Frederick Stafford, échoué en Italie après l’échec de L’étau d’Hitchcock, il cachetonne mollement en commissaire peu concerné par son enquête. Pourtant, en dépit de ses nombreux défauts, La louve sanguinaire réussit à ruisseler un petit charme aussi obscur que vénéneux qui le rend envoûtant à l’instar de bon nombre de bobines des années 70, mêlant elles aussi fantastique (un peu ) et érotisme (surtout), comme celles – quoique de manière différente - de Jean Rollin, Jess Franco. (11.03.2024) ⍖⍖


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