Pilier de la scène Post rock, le trimvirat Neurosis / Cult Of Luna / Isis est un peu l'arbre qui cache la forêt pour ce genre actuellement en pleine explosion. Car derrière ces trois mastodontes, ça se bouscucle au portillon et on ne compte plus chaque mois le nombre de groupes affiliés à cette mouvance qui semblent surgir de nulle part. Et à l'évidence, il y a comme un clan qui se dessine peu à peu, des connections se font jour : les musiciens naviguent entre divers combos (Isis et Red Sparowes par exemple) et beaucoup d'entre eux sont signés sur le label tendance du moment, Hydra Head, dont le boss n'est autre que Alan Turner, chanteur d'Isis. Membre de cette même écurie, Pelican se révèle être un des groupes les plus intéressants de ce mouvement qui nous rassure quant à la bonne santé de la scène metal américaine ; le post rock étant ce que le pays de l'Oncle Sam nous a offert de mieux depuis des lustres. A l'instar de Red Sparowes, Pelican a opté pour le tout instrumental, format qui, il est vrai, se prête bien à ce style où fusionnent le calme et la tempête. Ce choix lui permet de proposer une musique déchirante de beauté, à la fois aérienne et lourde comme une nappe de goudron, un peu à l'image de la pochette illustré par un ciel chargé annonciateur d'un orage à venir.
Les guitares tissent des mélodies superbes, empreintes d'une tristesse, d'un désespoir infiniment plus bouleversants que les émois dépressifs des groupuscules gothic notamment. Composé de sept titres, dont la durée assez conséquente (parfois plus de 10 minutes) leur permet de se déployer, cet album, qui peut prétendre en outre, remporter la palme du titre le plus long, vous emmène très haut vers une dimension inconnue, faussement contemplative. Car, ne vous méprenez pas, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de chanteur pour cracher ses trippes, que Pelican fait pour autant dans le doucereux et le gentillet. Bien que pourvu d'un patronyme un peu ridicule, le groupe ne rigole pas lui et n'a pas besoin de cet artifice pour combiner à merveille la fureur du hardcore et la beauté racée du rock atmosphérique, chacun des morceaux serpentant entre ces deux extrêmes avec une fluidité et une aisance étonnantes. Un disque beau comme un chat qui dort, à savourer seul, étendu sur son lit, bande sonore d'une vie faite de joies (un peu) et de malheurs (beaucoup) que l'on voit défiler sur le plafond d'une chambre enténébrée. (25.02.2007) ⍖⍖⍖
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