Seth - Les blessures de l'âme (1998)


Si aujourd'hui la scène black metal hexagonale jouit d'une réputation plutôt flatteuse, grâce notamment à des formations telles que Blut Aus Nord, Belenos ou Nehëmah, le pays du fromage, de la baguette et du litron de rouge a longtemps eu un train de retard par rapport aux autres contrées européennes en matière de brûleurs d'églises. C'est pourquoi, malgré ses défauts (mineurs), ce premier méfait de Seth s'avère si important. Car, enfin, quelques années après l'invasion venue de Scandinavie, la France propose un vrai grand disque de black metal lequel, il est vrai, doit encore beaucoup à ses grands frères norvégiens. Les blessures de l'âme rappelle donc fortement les premiers Darkthrone (pour le son grésillant et l'atmosphère qui l'imprègne), le Nattens Madrigal de Ulver (pour la rapidité, comme sur le furieux et apocalyptique "Le cercle de la Renaissance") et, dans une moindre mesure, les débuts de Burzum. 


Ces influences, très (trop) marquées, constituent de fait la principale faiblesse d'un groupe cependant déjà très prometteur, et non dépourvu d'une certaine identité, qui se dessinera avec de plus en plus de netteté au fil des ans et des albums. Celle-ci repose sur un sens inné de la mélodie ("Dans les yeux du serpent" par exemple), couplée à une brutalité réfléchie et sournoise, à des paroles en français d'une grande richesse, loin des crachats satanistes de bas étage dans lesquels se vautrent une bonne part des ses concurrents du territoire, ainsi que par un sens du grandiose qui n'a rien à envier à Emperor ("La quintessence du mal", "Hymne au vampire" et "... A la mémoire de nos frères"). Seth ? Un futur grand ! (20.10.2006) ⍖⍖

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