Stranger In Us All, l’album qui scella le retour de Rainbow, n’ayant susciter qu’une indifférence polie, il y a donc peu de chance de voir un jour fleurir un live officiel de l’ultime incarnation de l’arc-en-ciel. Par conséquent, les quelques bootlegs qui ont capturé certains concerts donnés durant la tournée qui a suivi, restent l’unique possibilité de se rendre compte, que ce line-up éphémère et moins charismatique (Doogie White par exemple, est certes sympathique et compétent mais il peine à se hisser au niveau de ses glorieux prédécesseurs, Ronnie James Dio, Graham Bonnet et Joe Lynn Turner, dont il se rapproche le plus) que ceux des années 70 / 80, méritait davantage de succès et de reconnaissance, et que Ritchie Blackmore avait encore beaucoup de choses à dire dans le domaine du hard rock, quand bien même, le projet médiéval qu’il monta par la suite, Blackmore’s Night, demeure probablement ce qu’il a fait de mieux depuis la reformation de Deep Purple en 1984. Comme au bon vieux temps, le show, enregistré à Düsseldorf en octobre 1995, débute avec « Spotlight Kid » et aligne nombre de classiques que nous désespérions un jour entendre à nouveau interprétés par l’homme en noir : « Long Live Rock ‘n’ Roll », « Difficult To Cure », « Man On The Silver Mountain » ou bien encore le très rare et sublime « Temple Of The King », ainsi que trois reliquats de son passé dans Deep Purple, dont une version providentielle de « Burn ».
Alors bien sûr, d’immenses joyaux, parmi les plus épiques, propices autrefois à de véritables fulgurances scéniques, sont restés sur le bord de la route (« Catch The Rainbow », « Mistreated », « Stargazer », « Gates Of Babylon », « Eyes Of The World »…) et l’on ne peut que regretter que l’ère Graham Bonnet ne soit représentée que par un seul titre, le très (trop) commercial « Since You Been Gone », mais, en revanche, et contrairement à ses anciens acolytes qui poursuivent l’aventure pourpre en ne jouant quasiment aucun morceaux postérieurs à 1973, Blackmore, lui, a le courage de glisser sept nouvelles chansons issues de Stranger In Us All, et dont certaines, n’ont pas à rougir de la comparaison avec les perles d’antan, notamment les somptueux « Hunting Humans », « Black Masquerade » et « Ariel » (dont les chœurs sont chantés par Candice Night). Et si, comme nous l’avons déjà mentionné, les musiciens qui l’accompagnent se révèlent au final assez transparents, bien que consciencieux et appliqués (notons tout de même la présence, surprenante, de Chuck Burgi, qui tenaient déjà les baguettes sur Bent Out Of Shape en 1983, en lieu et place de John O’Reilly), Ritchie, visiblement heureux de pouvoir à nouveau jouer la musique qui lui plaît, se montre éblouissant d’un bout à l’autre du concert, déroulant des soli fins, mordants, plein de feeling et toujours précis, loin de la bouillie sonore dont il était parfois capable durant les années 80. Rien que pour cette sérénité retrouvée, cette reformation de Rainbow mérite bien une seconde chance. (21.12.2006) ⍖⍖⍖
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