Si aujourd’hui, Nicklas « Terror » Rudolfsson se consacre essentiellement à son propre groupe de doom death des caverne, l’excellent Runemagick, et ce, même s’il a d’autres projets sur le feu, notamment l’abyssal The Funeral Orchestra, il ne faut pas oublier que durant la décennie des années 90, il a usiné son talent de batteur dans plusieurs combos de seconde zone (comme Swordmaster par exemple), dont le plus intéressant du lot s’avère être Sacramentum. Naviguant dans les eaux troubles d’un black mélodique nourri au bon vieux heavy metal des famille, le trio suédois n’a jamais pu (ou su) se départir de l’étiquette « sous–Dissection » qui lui a collé aux bracelets à clous durant sa période d’activité. Pourtant, un opus tel que Far Way From The Sun n’est pas mauvais en soi ; bien produit par le gourou (d’alors) du metal extrême, le grand Dan Swanö, il arpente avec savoir–faire, à défaut de génie, le sillon tracé par le talentueux Jon Nödtveidt, comme le démontrent les efficaces « Fog’s Kiss », « Blood Shall Be Spilled », ainsi que le morceau–titre.
On y retrouve ce même son de guitare à la suédoise, un sens de la mélodie identique qui l’emporte toujours sur l’agression pure et dure (on n’est pas chez Marduk ou Dark Funeral). Pour autant, Sacramentum ne fait pas vraiment dans la variété, et le rythme général des chansons, conduit par des blast de batterie furieux, utilise rarement le frein à main. Néanmoins, nous sommes loin de la qualité du Storm Of The Light’s Bane de Dissection vers lequel tend très nettement Far Away From The Sun. Dépourvu d’ampleur, de la richesse et du talent de composition réel de son ainé, on comprend pourquoi Sacramentum n’est jamais parvenu à s’extraire du carcan de la série B, malgré des titres plutôt bien fichus, bien qu’un peu trop uniformes et linéaires. Du travail honnête donc, mais sans génie aucun. Un album de black de plus en somme. (2006) ⍖⍖
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