De la Sainte Trinité du thrash allemand issue des années 80, et s’articulant autour de Kreator, Destruction et Sodom, ce dernier demeure le plus productif du lot. Et le moins novateur également, les deux allant peut-être ensemble. Toujours est-il que s’il reste fidèle à une ligne de conduite et musicale dont il ne se départira sans doute jamais vraiment, Sodom ne déçoit que très rarement, d’autant plus que depuis une décennie, le line-up constitué autour de l’indéboulonnable Tom Angelripper, s’est enfin stabilisé, avec l’arrivée de Bobby à la batterie et celle du gratteux Bernemann, lequel effectue un travail notable sur ce nouvel album (sur « Bibles And Guns » notamment). D’ailleurs, jamais la guitare n’a sonné aussi mélodique sur une galette des teutons.
Est-ce à dire que les Boches commencent à se ramollir. Affirmer cela serait un brin exagérer ; toutefois, il faut reconnaître que Sodom (ils se sont pas foulé cette fois-ci pour le titre !) se pose comme le disque le moins furieux de la féconde discographie du combo d’outre-Rhin, comme l’illustre l’imparable « Buried In The Justice Ground ». Alors certes, le groupe ne fait plus vraiment peur, dépourvu dorénavant de cette aura sulfureuse qui l’imprégnait à l’époque de Agent Orange par exemple ; la musique est moins bruyante, mais Angelripper et sa bande s’y entendent toujours pour cracher des munitions bougrement efficaces et qui devraient en toute logique faire leur petit effet sur scène : « Blood On Your Lips », « Axis Of Evil », « No Captures », « Nothing To Regret »… Pas le meilleur Sodom donc, mais un album sympathique qui fait taper du pied et donne envie de boire des bières, ce qui n’est jamais négligeable. (2007) ⍖⍖
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