Capturé en 1995 par Kevin Gilbert, lors du plus célèbre pèlerinage prog, le progfest, The Beard Is Out There n’a longtemps été qu’un bootleg uniquement trouvable via le site internet des Américains. Vu sa qualité, il est publié officiellement trois ans plus tard ; et il était temps car il constitue l’un des rares témoignages live de Spock’s Beard avec son line-up classique (le meilleur forcément) : Neil Morse (chant, guitare, piano), Alan Morse (guitare), Dave Meros (Basse), Ryo Okumoto (claviers) et Nick D’Virgilio (batterie). Armé seulement d’un album (le référentiel The Light), le groupe livre ce qu’on attend de lui, c’est-à-dire une performance du feu de dieu. 6 titres en 72 minutes : on est prog ou on ne l’est pas. Eux le sont et le prouvent. Si « Thoughts », « On The Edge » et « Waste Away / Fire » sont d’une durée raisonnable, les trois autres morceaux s’étirent quant à eux bien au-delà de la barre des 10 minutes (23 pour l’énorme « The Water »).
Véritable abécédaire du progressif, le Beard ne sombre pourtant jamais dans la démonstration gratuite (on est pas chez Dream Theater ici), bien que chacun des musiciens ne se prive pas pour éclabousser le public de son talent. On sent les zicos appliqués et heureux d’être là, mais ils ne se prennent jamais au sérieux. La virtuosité se trouve mise au service de la musique et de chansons, certes complexes (« The Light » qui semble se référer à tous les ténors du mouvement, tels que Yes, Pink Floyd ou Genesis) mais toujours accessibles et digestes. Secondé par deux choristes, notre Spock atteint parfois des sommets, comme sur l’étourdissant et émouvant « The Water » ou sur le déjà cité « The Light ». Pas grand chose d’autre à ajouter si n’est qu’il s’agit d’un indispensable du prog des années 90. (2007) ⍖⍖⍖
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