Albert Band - Zoltan, le chien sanglant de Dracula (1978)


Le cinéma n’a jamais manqué d’idées (parfois farfelues) pour sucer tout le jus du personnage de Dracula qui l’imaginera ainsi affronter Frankenstein aussi bien que le loup-garou ou Santo le catcheur mexicain ! Sa progéniture ne sera pas en reste non plus : la fille, le fils et même Bernard Menez dans l’improbable Dracula père et fils de Edouard Molinaro, comédie foutraque comme seules les années 70 pouvaient les enfanter. Alors pourquoi pas son toutou ? Pourquoi pas, en effet. Sauf que dès ses premières images, on comprend vite que Zoltan, le chien sanglant de Dracula (puisque c’est de lui dont il s’agit) se vautre dans les grands largeurs. Quelque part en Roumanie, des militaires découvrent le caveau de la famille Dracula. Chargé de veiller sur les cercueils, un soldat imprudent ouvre l’un d’entre eux et ne trouve rien de mieux à faire que de retirer le pieu planté dans la dépouille ainsi mise à jour. Zoltan, le chien du célèbre vampire, revient alors à la vie. Après avoir zigouillé le malheureux planton, le clébard ressuscite son maître, que campe l’inquiétant Reggie Nader qui, le visage ravagé, le regard dément, a la sale gueule de l’emploi. Tous les deux s’envolent ensuite pour les Etats-Unis où vit le dernier descendant de Dracula. Mais un inspecteur de police qui se prend pour Van Helsing (José Ferrer qui doit se demander ce qu’il fout là à part cachetonner) est sur leur trace. 


Dialogues ineptes, comédiens à l’avenant et décors dignes d’une série Z, c’est peu dire que cette entame n’augure pas d’une franche réussite. Une fois déporté en Amérique, le film affiche une meilleure tenue mais n’échappe pour autant pas au ridicule qu’alimentent une musique bavée par un clavier Bontempi et des canidés qui arborent des crocs en plastique et une lueur brillante dans les yeux comme seules sources d’effroi. Par la suite, l’histoire conçue par Frank Ray Perilli (qui, après Le gang des dobermans, semble décidément faire une fixette sur nos amis à quatre pattes) stationne au bord d’un lac où séjourne pour les vacances la famille du dernier descendant de Dracula (nommé Michael Drake : ça ne s’invente pas), rapidement terrorisée par Zoltan et d’autres cabots qu’il a vampirisés. Hormis le siège du chalet où se sont repliés Drake et l’inspecteur, par les toutous sanguinaires, troussé avec toute la tension requise, il n’y a rien à sauver de ce tout petit film que réalise mollement Albert Band, lequel se montre bien incapable de mordre dans le potentiel dangereux de ces molosses plus risibles qu’effrayants, à l’instar de ce chiot censé, lors d’un épilogue paresseux, incarner cette malédiction que la mort de Zoltan n’a évidemment pas éteinte… (10.11.2024) ⍖


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