Herbert Ross - Adieu, je reste (1977)


Paula, une ancienne danseuse, vit avec sa fille de dix ans dans l’appartement de son ex petit ami, Tony, un acteur, qui vient de la plaquer. Une nuit, un type débarque, un dénommé Elliott Garfield, comédien également de son état, auquel l’appartement a été loué à son insu et qu’elle va dès lors devoir partager non sans difficulté avec cet intrus aux habitudes pour le moins originales. Adieu, je reste, dont le titre orignal (The Goodbye Girl) est plus juste, réunit donc tous les ingrédients de la comédie romantique newyorkaise, presque un sous-genre en soi, que peuplent intellos névrotiques et artistes ratés. On pourrait craindre une de ces douceurs inoffensives voire franchement cul-cul, or il n’en est rien, quand bien même le récit respecte (trop) les étapes éprouvées de la romance hollywoodienne, contrairement à Une maîtresse sur les bras, une femme sur le dos (1973) par exemple. Tous les séparent, ils se disputent mais finissent par tomber amoureux jusqu’au jour où un événement menace de les séparer… Heureusement, les deux héros échappent aux stéréotypes glamours, lui binoclard néanmoins (faussement) sûr de ses talents et de ses charmes, elle, les cheveux courts, le corps encore beau mais fatigué. 


Le film doit évidemment beaucoup à Richard Dreyfuss et à Marsha Mason dont les joutes verbales rappellent l’âge d’or de la comédie américaine des années 30 et 40. Le premier, dans un rôle à l’évolution toutefois contradictoire, est savoureux dans la peau d’un de ces comédiens qui écument les planches dans des pièces de théâtre prétentieuses, interprétation qui lui vaudra un Oscar, ce qui peut sembler exagérer. Egalement nominée, la seconde aurait finalement davantage méritée d’être récompensée. Elle se révèle formidable en mère célibataire en quête d’un amour enfin durable, nous faisant regretter que le cinéma ne l’ait pas mieux utilisée, exception faite de Clint Eastwood qui l’embauchera sans son Maître de guerre (1986). Une gamine (Quinn Cummings) qui a le bon goût de ne pas être agaçante, bien au contraire (elle se montre même étonnamment mature) et une satire du milieu intello de Broadway et ses auteurs ivres d’eux-mêmes à l’image de ce metteur en scène qui aspire à déconstruire Richard III transformé en homosexuel (le jeu façon ‘Cage aux folles’ de Richard Dreyfuss ne manquera d’ailleurs pas aujourd’hui d’en faire hurler certains !) ajoutent au plaisir de voir Adieu, je reste jubilatoire et très au-dessus du tout venant de la comédie romantique. (21.10.2024) ⍖⍖⍖


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