Stream Of Passion - Embrace The Storm (2005)


Depuis l’aventure Star One (2002 – 2003), le génial géniteur de Ayreon, Arjen Lucassen, a pris l’habitude entre deux albums de son principal port d’attache, de lancer un nouveau projet, peut-être éphémère, mais toujours de qualité. L’expérience live vécue avec la tournée Star One a ravivé chez le géant hollandais le désir d’être à nouveau entouré d’un véritable groupe, d’en retrouver la dynamique, longtemps après son passage chez Vengeance. C’est pourquoi, loin des opera metal réunissant une pléiade d’invités auxquels il nous a habitué depuis l’excellent Into The Eletric Circus de Ayreon en 1998, Lucassen a cette fois-ci choisi de ne s’entourer que des musiciens nécessaires afin de former l’ossature d’un groupe. Enfin, le chant féminin l’intéressant de plus en plus, comme l’ont prouvé les participations de Anneke van Giersbergen (The Gathering), Sharon Den Adel (Within Temptation), Floor Jansen (After Forever) ou Heather Finlay (Mostly Autumn) sur ses précédents disques, le guitariste a décidé de donner sa propre version du metal à chanteuse, actuellement en vogue. Pour cela, il a fait appel à la puissante (et charmante, ce qui ne gâche rien) Marcela Bovio, déjà présente sur The Human Equation, dernière offrande en date de Ayreon. 


Le résultat ? Embrace The Storm, première échappée de Stream Of Passion, qui se pose d’ors et déjà comme l’œuvre la plus aboutie du Hollandais. Ce qui, sur le papier, n’aurait pu être qu’une resucée au féminin de son principal projet, trouve d’entrée sa propre identité. Certes, la griffe du musicien est immédiatement reconnaissable, comme sur les gigantesques « Passion » et « Haunted » ou sur le morceau–titre  qui font beaucoup penser à du Ayreon, mais l’ensemble s’avère suffisamment bon pour que cette filiation évidente ne soit jamais encombrante. Le fait qu’il n’y ait cette fois-ci qu’un seul type de chant participe, il est vrai, aussi de cette singularisation par rapport à son glorieux ainé. De plus, Arjen a eu le bon goût de ne pas bourrer jusqu’à la gueule cet Embrace The Storm, lequel n’en tire que plus de puissance. Douze titres seulement (pour le musicien, c’est peu), mais aucune baisse de régime car tous se révèlent fabuleux, de l’introductif « Spellbound » au final « Calliopeia », en passant par les superbes « Wherever You Are » et « Out In The Real World ». Une excellente surprise, qui méritait mieux que la relative indifférence dont l’album a été victime à sa sortie. Espérons que Lucassen lui donne un jour un successeur.(2007) ⍖⍖⍖

 

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