William Marshall - La taverne de la Nouvelle-Orléans (1951)


Errol Flynn, dans un film d’aventure dont il a par ailleurs écrit le scénario (d’après un bouquin), tourné en France sous la houlette de son ami, l’obscur William Marshall (qui a évincé Robert Florey derrière la caméra !), aussi médiocre réalisateur que comédien, et entouré de Micheline Presle (alors épouse de Marshall), Vincent Price, Agnes Moorehead, Victor Francen et même Howard Vernon, c’est peu dire que La taverne de la Nouvelle-Orléans est un machin franchement improbable. Alors en déclin, Errol Flynn cherchait sans doute à renouer avec le genre qui a fait sa gloire dans les années 30, ce qui lui avait pas trop mal réussi trois ans plus tôt avec Les aventures de Don Juan.  Mais William Marshall n’est évidemment pas Michael Curtiz ni même Vincent Sherman. 


Surtout, le charme fatigué, l’acteur n’est plus celui qu’il était il y a encore dix ans. Par surcroît, il ne se semble même pas très concerné alors qu’il est à l’origine du film ! Peu d’action, une histoire  mitée par les invraisemblances, un Vincent Price mal dirigé et une mise en scène atone de William Marshall viennent à bout de la patience du cinéphile qui ne retiendra guère de Adventures Of Captain Fabian que certains décors un peu gothiques d’Eugène Lourié, une dernière partie modérément  musclée et la présence ténébreuse de Micheline Presle. Enferré dans les séries B, parfois agréables (A l’abordage), mornes le plus souvent (Maru Maru, Le vagabond des mers), Errol Flynn devra attendre le crépuscule de sa carrière pour retrouver enfin le chemin de projets plus ambitieux à l’occasion du Soleil se lève aussi (1957) de Henry King et des Racines du ciel (1958) de John Huston.  (23.10.2024) ⍖


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