Au début des années 90, la carrière d’Harrison Ford commence à s’essouffler. Certes, Working Girl et surtout Indiana et la dernière croisade ont été des succès mais ce n’est pas le cas de Présumé innocent (bon et sensuel thriller de Alan J. Pakula au demeurant) et encore moins A propos d’Henry. Quant à Jeux de guerre, en dépit d’un score honorable au box-office, il n’est pas très enthousiasmant. C’est donc vraiment Le Fugitif qui relance le comédien au même titre que Cliffhanger pour Sylvester Stallone, tourné l’année précédente. Cette adaptation de la série TV du même nom avec David Janssen s’impose alors comme le mètre-étalon du thriller hollywoodien, chasse à l’homme haletante qui maintient pendant deux heures un suspense intense. Le film est emballé avec un redoutable sens de l’action par Andrew Davis, alors considéré comme un des spécialistes du film de gros bras grâce à Sale pour un flic avec Chuck Norris, Opération crépuscule avec Gene Hackman et Piège en haute mer avec Steven Seagal. Cette habileté lui dicte quelques scènes particulièrement spectaculaires telles que le déraillement d’un train et le saut de Harrison Ford du haut d’un barrage hydroélectrique.
Le jeu du chat et de la souris se joue à deux et l’idée géniale du film est d’avoir confié le rôle du chasseur à Tommy Lee Jones, jubilatoire en flic tenace et malin, dur mais juste. Après deux décennies à végéter, dont on ne retient finalement Légitime violence (1977), Les yeux de Laura Mars (1978) ou Nashville Lady (1980), Le fugitif va enfin faire de lui un acteur incontournable. A cette course poursuite se greffe l’enquête menée par Kimble pour confondre le véritable assassin de sa femme lors d’une seconde partie plus convenue et, reconnaissons-le, moins captivante. Avec Jeroen Krabbé au casting, l’identité du méchant ne fait aucun doute et la conspiration impliquant un gros labo qui magouille sournoisement, paraît caricaturale. Le thème de l’innocent accusé à tort et la musique de James Newton Howard qui par moments se pare d’accents bernardhermanienns confèrent enfin au Fugitif une évidente touche hitchcockienne. Pour toutes ces raisons, il demeure un classique du thriller qui, trente ans plus tard, n’a rien perdu de son efficacité d’orfèvre. (06.12.2024) ⍖⍖⍖
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