Il y a quelques années, Le loup des Malveneur passait en boucle sur la défunte chaîne Ciné FX consacré au cinéma fantastique et de science-fiction. Malédiction ancestrale, demeure sinistre, gouvernante bizarre et châtelain reclu se livrant à d’étranges expériences scientifiques et jouant de l’harmonium, plantent en effet le cadre habituel des films fantastiques. Las, après une introduction prometteuse, l’oeuvre perd beaucoup de son ambiance lugubre et mystérieuse en s’accrochant au couple inodore que forment Madeleine Sologne et Michel Marsay.
Dommage pour quelques seconds rôles formidables dont l’immense Gabrielle Dorziat et Louis Salou qui disparaît de l’écran bien trop vite et un noir et blanc funèbre qui plonge constamment dans les ténèbres l’intérieur du château. Quant à Pierre Renoir, en héritier des Malveneur qui cherche à rajeunir sa femme, il n’a en vérité que deux scènes et ne fait pas tellement dans la demi-mesure. Film d’atmosphères proche du Chien des Baskerville et ancré dans une France encore immobile et rurale désormais effacée, Le loup des Malveneur reste néanmoins une des rares incursions dans l’épouvante gothique de la part d’un cinéma français qui à cette époque (la première moitié des années 40) s’aventurait certes dans le fantastique mais d’une façon plus poétique qu’horrifique. (03.12.2024) ⍖⍖
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