William Asher - La revanche du Sicilien (1963)


La revanche du Sicilien est plus connu sous son titre original, Johnny Cool, lequel désigne le « héros » incarné par Henry Silva, Zorro en Sicile transformé en machine à tuer par un parrain exilé à Rome, qui l’envoie aux Etats-Unis pour le venger. Après quelques apparitions parfois remarquées, dans Bravados (1958) de Henry King plus particulièrement, Silva trouve là le rôle le plus marquant de sa carrière en tueur glacial dont les yeux cruels trahissent la folie intérieure qui le ravage. Il compose en outre un couple bizarre avec Elizabeth Mongtomery, future sorcière bien aimée étonnante en bourgeoise névrosée cherchant les frissons au bras de mauvais garçons, à la fois attachante et détestable. Leur relation malsaine, qui conduira Johnny Cool à sa perte, est à l’image d’un film en définitive plus curieux qu’il semble l'être au départ car uniquement peuplés de personnages veules dont aucun n’attire vraiment la sympathie et auxquels Telly Savalas, Elisha Cook Jr. ou Brad Dexter prêtent leurs gueules familières. 


Dans cette absence d’humanité et la sourde violence de son atmosphère réside le principal intérêt de La revanche du Sicilien mais aussi sa faiblesse, série B froide et sans affèterie, encombrée au surplus par une mise en scène impersonnelle au standard télévisuel de William Asher, qui a plus œuvré pour le petit (la série Ma sorcière bien-aimée, évidemment!) que pour le grand écran pour lequel il besognera le film pour adolescent Beach Party (1963) ou plus tard le pénible A la limite du cauchemar (1983). Le résultat n’est pas totalement satisfaisant mais fascine néanmoins grâce à la composition assez démentielle de Henry Silva. (08.12.2024) ⍖⍖


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