Archie Mayo - Au seuil de l'enfer (1930)


Malgré sa stature mineure, Au seuil de l’enfer peut être considéré comme une sorte d’ébauche du film de gangsters en général et de la Warner en particulier en cela qu’il en pose déjà le cadre (les tripots, les règlements dans la rue à coup de mitraillette), en esquisse les codes et les figures obligées (femmes vénales, héros qui échoue dans sa quête rédemptrice...). La pièce que ne cesse de lancer un des acolytes de Louie Ricarno annonce le geste que répète George Raft dans Scarface et la caméra embarquée sous un camion sera reprise par William Wellman dans L’ennemi public. Bien sûr, The Doorway To Hell accuse son âge (bientôt un siècle quand même !) mais pas tant que cela finalement. 


Bien sûr, on aurait aimé voir James Cagney, qui crève déjà l’écran avec sa gouaille teigneuse (ce n’est que son deuxième rôle) en haut de l’affiche à la place de l’oublié Lew Ayres mais celui-ci ne démérite pourtant pas avec sa gueule d’ange juvénile dans la peau de ce chef de gang qui aspire à une vie honnête que la fatalité lui refusera. Technicien servile dépourvu d’un style personnel, Archie Mayo imprime toutefois un rythme soutenu à son film, allant toujours à l’essentiel, trop vite peut-être même (les ellipses sont nombreuses) et la fin, tragique, qui voit Louie se jeter dans la mort qu’il sait inévitable avec héroïsme, n’est pas sans évoquer, à sa mesure modeste, celle de L’enfer est à lui que réalisera bien plus tard Raoul Walsh… avec James Cagney en héros.  (02.01.2024) ⍖⍖


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