A la fin de la Seconde Guerre mondiale, des résistants zigouillent des Allemands et les balancent dans un lac voisin. Malheureusement, celui-ci a servi au Moyen-Âge à des rites sataniques, ce qui explique (ah bon?) pourquoi les schleus en question reviennent plus tard sous forme de zombies et s’en prennent aux gonzesses imprudentes venues faire trempette à poil dans l’étang. La paternité du Lac des morts vivants attribuée à un certain J.A. Lazer ne doit évidemment pas vous tromper, il s’agit bien d’un film de Jean Rollin qui a toujours plus ou moins refusé d’assumer ce que nombreux considèrent comme le Plan 9 From Outer Space de notre terroir. Alors qu’il devait le réaliser, Jesus Franco, pourtant habitué à cracher de la pellicule pour une poignée de pesetas, claque la porte au bout de deux jours de tournage, après d’être engueulé avec le producteur Marius Lesœur auquel il reproche de réécrire le scénario pour qu’il coute encore moins cher. A la veille de partir en vacances, Rollin est appelé à la rescousse sans trop savoir ce qu’il doit tourner !
Sans être « le pire film français de tous les temps » (n’importe quelle production actuelle de notre cinéma perfusé de subventions qui se prend pourtant au sérieux mériterait davantage que lui ravir ce titre), Le lac des morts-vivants est effectivement fauché et foireux de bout en bout, véritable catalogue de la Redoute de tous les ingrédients du nanar pur jus. Recrutés parmi les villageois du coin (à l’exception de l’indispensable Howard Vernon, à peine moins mauvais), les acteurs (?) portent l’amateurisme au rang d’art, les maquillages dégoulinent involontairement, les personnages affichent le look des années 70 et se déplacent dans une estafette alors que l’histoire est censée se dérouler quelques années après la guerre, les stock-shots piqués pour palier le manque de moyens (réduits à quelques uniformes et un camion) ne collent pas du tout avec le reste de la bobine et les scènes sous l’eau ne peuvent cacher qu’elles ont été filmées dans une piscine dont on devine les bords et non dans un lac. Bref, c’est tellement nul que c’en est rigolo et confère au Lac des morts-vivants cet inimitable charme de la vraie série Z en général et des productions Eurociné en particulier, auquel un peu de nichons et toisons pubiennes ajoutent au plaisir coupable de le savourer. (05.01.2025) ⍖⍖
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