Mécontent des Tarzan de la M.G.M avec Johnny Weissmuller dont il estime qu’ils trahissent le personnage qu’il a créé en 1912 et qui a déjà donné lieu à de nombreuses adaptations au temps du muet, Edgar Rice Burroughs décide alors de tourner ses propres aventures de l’homme-singe. Pour se faire, il monte l’éphémère compagnie Burroughs-Tarzan Entreprises, choisit Herman Brix (plus connu sous le pseudonyme de Bruce Bennett dans Les passagers de la nuit ou Le trésor de la Sierra Madre), lequel fut d’ailleurs le premier choix de la M.G.M qui, à cause d’une blessure, dû le remplacer par Weissmuller, et produit en 1935 Les nouvelles aventures de Tarzan, serial en douze épisodes. Sorti en 1938, Tarzan et la déesse verte n’en est pas la suite mais une espèce de film dérivé qui en reprend la seconde partie, agrémentée de quelques scènes et stock-shots animaliers.
Malgré le rythme plutôt vigoureux imprimé par Edward Kull, un acteur principal effectivement plus fidèle au personnage originel et une ambiance parfois mystérieuse aux confins du fantastique fournie à la fois par les décors du Guatemala (temple, ruines Maya) et ces types encapuchonnés qui surgissent dans les dernières bobines, ce Tarzan échoue à concurrencer les grosses productions de la Metro. Une bande-son défaillante qui lui donne des airs de film muet, des plans d’animaux réunis en dépit de tout réalisme (rhinocéros, girafes ou lions) par un monteur qui visiblement s’est trompé de continent et une absence flagrante de moyens plombent définitivement cette pellicule d’à peine d’une heure dont les louables intentions ne suffisent pas à colmater les lacunes tant techniques que narratives. Cette tentative fauchée d’exister dans l’ombre des Tarzan avec Johnny Weissmuller sombrera dans l’oubli dont le précieux Bach Films a toutefois eu le bon goût de le déterrer. (18.02.2025) ⍖
.jpg)


Commentaires
Enregistrer un commentaire