Giorgio Bontempi - Contratto Carnale (1973)


Contratto Carnale est une bizarrerie italienne de 1973 qui, sous couvert d’un pur produit d’exploitation érotico africain tétant les mamelles exotiques du mondo alors à la mode, s’attarde en vérité davantage à dénoncer le pillage par les occidentaux des ressources et richesses des pays africains, vrai sujet du film. En effet, auteur cinq ans plus tôt d’Un corps, une nuit (1968) avec Gian Maria Volonté et Mireille Darc, Giorgio Bontempi n’est pas Joe d’Amato et le sexe l’intéresse moins que la critique d’un capitalisme agressif sur fond de racisme et de colonialisme persistant et souterrain. Malgré un climat sensuel qui poisse tout du long l’intrigue et donne lieu à de torrides accouplements interraciaux, le sexe est moins traité comme un objet de plaisir que de pouvoir pour des personnages finalement tous plus antipathiques les uns que les autres. Emissaires d’un riche entrepreneur (Enrico Maria Salerno), deux couples débarquent au Ghana pour conclure une transaction commerciale plus que trouble. Le premier (George Hilton et Anita Strindberg), échangiste, brille par son immoralité, le second est composé par un homosexuel visqueux et la maîtresse du puissant homme d’affaires, laquelle entame très vite une relation avec le représentant local du pouvoir ghanéen (Calvin Lockhart) qui par ailleurs agit moins pour la cause de son pays que pour son intérêt personnel. 


Ainsi, contre toute attente, Blancs et Noirs sont tous brossés sous un jour peu aimable, même si une séquence hallucinante et muette aux confins de l’onirisme dans une ancienne demeure coloniale hantée par les fantômes du passé permet au réalisateur d’exposer l’esclavage des colons portugais dans toute sa cruauté. Malgré ses louables intentions servies par une approche assez peu politiquement correcte, il est cependant dommage que Contratto Carnale ne fasse qu’effleurer son sujet brûlant, embarrassé au surplus par une mise en scène guère vigoureuse. Technicien médiocre, Giorgio Bontempi bénéficie heureusement de la partition envoûtante de Riz Ortolani et de solides comédiens aux premiers rangs desquels s’imposent Calvin Lockhart (The Beast Must Die), en fait le véritable héros du film, et Anita Strindberg dont la perversité méprisante éclipse une Yanti Somer au demeurant désirable. Quant à George Hilton, que d’aucuns réduisent trop au cowboy mal rasé des westerns spaghetti, il démontre qu’il peut tout jouer, même les salauds, le charisme séduisant, l’œil sombre. La dénonciation des manœuvres louches et criminelles de l’Occident dans une Afrique encore marquée par la survivance du colonialisme méritait mieux que les standards étriqués d’une série B néanmoins séduisante et malsaine dans son atmosphère corrompue. (12.02.2025) ⍖⍖


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