Première offrande de ce groupe suédois signé chez les Français d’Holy Records, One With Darkness est aussi probablement à ce jour la meilleure, car la plus équilibrée, entre courts instrumentaux à la guitare acoustique (une des marques de fabrique du combo) et perles noires à la gloire d’un doom pétrifié grandiose et aux forts accents religieux. Malgré leur réussite, The Last Grief et Garden Of Darkness souffriront eux d’une construction plus maladroite. Le meilleur, car Luis Galvez, guitariste et principal compositeur de la formation ne tire pas encore trop la couverture à lui et ses interventions à la six cordes sont canalisées au service des chansons, et non pas pour en mettre plein la vue façon branlette de manche. Le meilleur enfin par la qualité des titres qui le composent.
Le groupe alterne avec bonheur brûlots imparables (« Kiss The Cross », « One With Darkness », « Hymn Of Lucacy »…), pauses acoustiques diaphanes ou mélancoliques (« Burn The Witch ») ou pavés funéraires aux allures de descente aux enfers sans espoir de retour qui, arrivant en fin de parcours, enfoncent l’auditeur dans un abyme de dépression (« Reminiscences Of The Mourner » et « Dance Of The Selenites »). One With Darkness pose donc les bases de ce son propre à Tristitia et d’une formule restée inchangée depuis. Si la photo montrant les membres du groupe devant une croix renvoie directement au premier Cathedral, Forest Of Equilibrium, les Suédois développe une musique qui n’appartient qu’à eux, à la fois mélodique et mélancolique, grâce aux arpèges de Luis Galvez, mais qui n’oublie jamais le quota de plomb nécessaire. Même s’il n’est pas un classique du doom, One With Darkness demeure un bon disque dans le genre et porteur de grandes promesses pour un premier essai. (2006) ⍖⍖
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