Le plus surprenant avec Tutha De Danann, c’est sa maîtrise d’un genre à priori typiquement européen, à savoir le folk metal qui comporte nombre d’éléments celtiques, lesquels sont donc étrangers aux Brésiliens. Pourtant, la réussite du groupe est incontestable et le place parmi les meilleurs défenseurs de ce genre un peu à part dans le monde du metal, avec les Anglais de Skyclad, les Irlandais de Cruachan ou les Espagnols de Mägo de Oz. Deuxième véritable album du quatuor, Trova di Danú est une pure merveille d’équilibre car la musique, tout en restant très festive et entraînante, sait aussi nous surprendre. Si « Bella Matura » qui ouvre le disque, est un titre de folk metal très classique bien que très réussi, « Lover Of The Queen » marie quant à lui admirablement des passages très heavy avec des accents folkloriques. Et ne parlons pas du superbe « Tir Nan Og » et ses forts relents progressifs qui donnent l’impression que Yes a copulé avec Slyclad.
Chaque morceau possède donc ce petit quelque chose en plus qui le distingue, à la fois de ses compagnons, mais aussi des autres chansons développées par les autres ténors du genre. Résultat, Trova Di Danu est un pur régal et certainement, à ce jour, l’œuvre la plus aboutie du combo. Il n’y a qu’à écouter des brûlots tels que l’épique « The Land’s Revenge » qui ose alterner folk, prog à la Genesis, rythmiques presque thrash et passage instrumental qui semble tout droit sorti d’un album d’Yngwie Malmsteen, le très speed « The Arrival » ou l’énorme « The Wheel » qui synthétise en peu plus de 7 minutes toutes les influences de Tuatha De Danann. Si tous les musiciens livrent un travail impeccable, insistons cependant sur la performance du chanteur Bruno Maia aussi à l’aise dans le registre rocailleux que dans celui haut perché propre au true metal. Un grand disque donc, qui doit, une partie de sa réussite à son extrême diversité. (2006) ⍖⍖⍖
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