Richard Boleslawski - Agent n°13 (1934)


L’agent n°13, c’est Gail Loveless, une chanteuse qui, durant la Guerre de Sécession, est recrutée par les Nordistes pour espionner les Confédérés. Pour ce faire, grimée en noir (?), elle s’infiltre comme lingère dans la bonne société du Sud et s’éprend évidemment d’un séduisant capitaine. Au bout de multiples péripéties et une fois la guerre civile achevée, les amoureux pourront se retrouver et vivre heureux. Dans la peau de cette Mata Hari de l’Union, on (re)découvre Marion Davis, actrice oubliée qui alliait pourtant beauté et fort caractère. Sa longue relation avec le décrié magnat de la presse, William Randolph Hearst, de trente-quatre ans son aîné par surcroît, explique sans doute pourquoi Hollywood l’a peu à peu négligée au profit d’autres blondes platines cependant moins jolies et talentueuses (Jean Harlow par exemple). 


Au vu de ce film qu’elle porte sur ses gracieuses épaules, on ne peut que le regretter tant elle irradie l’écran. Davantage que Gary Cooper étonnamment effacé  alors qu’il avait déjà brillé dans L’adieu aux armes (1932) ou Sérénade à trois (1933), dans un rôle   qui, il est vrai, ne lui permet pas d’imposer sa présence charismatique. Bien sûr, l’histoire est improbable tandis que le recours au blackface tout comme la représentation des Noirs, que teintent les stéréotypes de son temps, ne manqueront pas d’en agacer certains, lobotomisés par le wokisme. Néanmoins Agent n°13, qui entremêle espionnage historique, romance et chansonnettes, non sans habileté, et bénéfice par ailleurs de la direction artistique du maître Cedric Gibbons, à laquelle s’adosse la réalisation entraînante de Richard Boleslawski (Le voile des Illusions, Les misérables), mérite mieux que l’oubli où l’a enfermé son incompréhensible échec tant commercial que critique. (16.04.2025) ⍖⍖


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