Groupe américain, Unearthly Trance œuvre dans le doom extrême. Mais sa musique n’a rien à voir avec le funeral doom scandinave qui se complaît dans des rythmes plus lents qu’un escargot ayant absorbé du LSD par boîte de 12. Non, ce trio n’est pas né dans le pays de l’oncle Sam pour rien et son doom pachydermique est ancrée dans la grande tradition défendue par Khanate et autre Sunn O))), voire aussi par Electric Wizard, même si ce dernier vient de la Perfide Albion. Il s’agit donc d’un doom qui pue la ferraille et le soufre, aux confins du sludge et de ses riffs saturés et apocalyptiques. The Trident, troisième déflagration sonore du groupe reprend là où s’était arrêté In The Red tout en insufflant un semblant de mélodie jusque là absent à des compositions plus accessibles (comprendre mieux structurées).
Surtout, Unearthly Trance sait varier dorénavant plus les tempos, passant de l’ultra pesant « Scarlet » (probablement le point d’orgue de l’album) au véloce « Wake Up And Smell The Corpse ». Mais ne vous y trompez pas, la musique du combo est toujours aussi extrême : le chanteur gueule comme si on lui arrachait la peau sans anesthésie, les riffs de guitares sont telluriques et oppressants et les atmosphères, suffocantes. Très prolixe (trois disques en quatre ans), le groupe se forge peu à peu sa propre identité et gageons, que sa récente signature sur le label Relapse lui ouvrira d’autres portes, ce que Rise Above, avec ses moyens limités et ce, malgré ses qualités, était bien en peine de faire. (2006) ⍖⍖⍖
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