Voivod est un album important dans la carrière du groupe canadien et ce, à plus d‘un titre. Il s’agit déjà de la première réalisation qu’il livre après six ans d’absence discographique (hormis bien sûr Kronic et un live). D’autre part, ce disque marque le retour de Snake, lequel en plus d’être le chanteur d’origine de la formation, demeure surtout la plus parfaite incarnation vocale et textuelle de Voivod, qui accueille désormais aussi dans ses rangs l’ancien bassiste de Metallica, Jason Newsted qu’on ne présente plus. Enfin, cet opus restera la dernière apparition (de son vivant du moins) du guitariste Denis d’Amour, décédé en 2005. Musicalement le groupe renoue en toute logique avec l’esprit des dernières offrandes réalisées avec Snake au début des années 90, Angel Rat et The Outer Limits, et offre donc son visage le plus accessible.
Son titre éponyme suggère en outre que l’album marque pour Voivod à la fois une renaissance et une transition. On retrouve par conséquent ce style inclassable qui n’appartient qu’à lui, sorte de mélange de thrash et d’indus (une définition peu convaincante et sans doute réductrice, je vous l’accorde), même si le groupe a fait bien mieux par le passé. Il contient cependant son lot de pépites diablement efficaces à défaut d’être novatrices (pour Voivod s’entend). Citons notamment les imparables « Gasmask Revival », « Blame Us », « The Multiverse », « Divine Sun » et « We Carry On ». Certains titres s’avèrent plus anecdotiques et sans eux, l’album aurait été moins long, plus compact et aurait gagné en force d’impact. Mais le groupe nous manquait tellement, que son retour suffit à nous réjouir. (2006) ⍖⍖
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