S’il coche toutes les cases du morne nudie des années 60 (noir et blanc, ryhtme paresseux, histoire répétitive et prolifération de plans inutiles), Agony Of Love réussit pourtant à distinguer du tout-venant de l’érotisme fauché pour drive-in ou miteuses salles de quartier. Le sujet est sans surprise : une épouse délaissée loue un appartement pour s’y prostituer. Mais c’est moins une soif d’aventures sexuelles qui la motive que le besoin d’être aimée. Ainsi sous le vernis d’un sex-appeal effronté se devinent la solitude et les tourments d’une femme en quête de vie plus que de vice. Actrice dont les formes atomiques la destinaient à la sexploitation (The Acid Eaters), Pat Barrington trouve là son seul premier rôle et son meilleur.
Non pas qu’elle y révèle un talent de comédienne insoupçonné, néanmoins elle joue de ses faiblesses pour exprimer la détresse de son personnage qui confine à une espèce de folie sourde qui ne peut s’achever que par la mort, autre singularité d’un film plus intéressant, à sa mesure modeste s’entend, que ce que ses atours à la fois sexy et sinistres laissaient craindre. Un beau noir et blanc accouplé à une atmosphère parfois onirique nourrissent une certaine ambition formelle faisant de Agony Of Love une sorte de nudie d’auteur bizarre qui, s’il n’évite pas l’ennui lors d’une seconde partie dont on a l’impression que le réalisateur, William Rotsler, ne sait trop comment la remplir, envoûte par son érotisme psychédélique et dérange par le malaise que sa conclusion brutale et désenchantée diffuse. (18.05.2025) ⍖⍖
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