Richard Fleischer - Amityville 3D : Le démon (1983)


Durant la première moitié des années 80, Hollywood redécouvre la 3D pour relancer certaines franchises horrifiques. Les dents de la mer 3, Friday The 13th Part III (aka Meurtres en 3 dimensions) ou bien Amityville 3D bénéficient ainsi de ce procédé que leur échec commercial enterrera néanmoins très vite. L’ennui avec le relief est qu’il impose aux films en question de posséder qu’autres qualités pour espérer exister sur la durée puisqu’ils ne seront vus ensuite qu’en 2D, comme n’importe quelle autre bobine. Or tel est rarement le cas, raison pour laquelle il ne reste presque plus rien aujourd’hui de ces pales suites qui ne devaient leur existence qu’à cette technique par ailleurs coûteuse. Ce troisième volet de la saga initiée en 1979 par Stuart Rosenberg n’a donc pas échappé à ce fiasco généralisé. En France, il atterrira d’ailleurs directement dans les bacs des vidéoclubs sans aucune exploitation au cinéma. S’il n’a sans doute pas résisté à l’envie de recourir à cette 3D qu’il avait déjà tâté trente ans plus tôt à l’occasion d’Arena, preuve d’une soif d’expérimentation et d’une curiosité qui ne l’ont jamais quitté, le fait est qu’on se demande quand même ce que le grand Richard Fleischer est venu faire là. Malgré quelques scènes plutôt efficaces (les morts de l’agent immobilier ou de Melanie) et un usage de l’espace toujours aussi précis, particulièrement dans la séquence de l’ascenseur ou les plans d’intérieur de la maison dont les couloirs et les escaliers suintent une atmosphère malsaine, on cherchera longtemps la marque du réalisateur de tant d’œuvres majeures des années 50 à 70. 


A sa décharge, tout le budget semble avoir été dépensé dans cette fameuse 3D pour un résultat peu effrayant par surcroît. Un comble ! Quelques bourdonnements de mouches qui annoncent la manifestation démoniaque, divers objets qui pointent vers le spectateur et la « chose » dont il faut attendre les dernières minutes pour la voir surgir d’un puits aux couleurs fluorescentes creusé dans le sol de la cave, résument à peu près la maigre panoplie déployée pour foutre les jetons. Une musique digne d’une série TV (pourtant signée Howard Blake) et un Tony Roberts lui aussi égaré et pas tellement concerné, embarrassent  au surplus ce troisième Amityville dont on retient guère aujourd’hui que la présence d’une Meg Ryan alors débutante. Certaines bonnes idées, quoique laissées en jachère (l’introduction avec les faux  médiums) et la mise en scène de Fleischer même en petite forme, adossée à la photographie idoine de Fred Schuler évitent toutefois à Amityville 3D d’être tout à fait la daube redoutée, série B d’horreur finalement presque à l’ancienne dans l’esprit. (30.06.2025) ⍖⍖


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