Secondé par son fidèle complice I.A.I. Diamond, Billy Wilder signe avec Certains l’aiment chaud une de ses œuvres les plus abouties, avec Assurance sur la mort (1944), Le poison (1945), Le gouffre aux chimères (1952) et La garçonnière (1960). C’est aussi une des plus grandes comédies de l’histoire du cinéma. Some Like It Hot est d’une constante drôlerie. L’humour qu’il distille repose avant tout sur un trio d’acteurs magique, constitué de Tony Curtis, Jack Lemmon et Marylin Monroe. En se travestissant (effets comiques garantis), les deux comédiens, joyeusement complémentaires, sont tout simplement géniaux, avec une mention spéciale pour Jack Lemmon. Dans la peau de Daphné, il atteint des sommets, révélant l’étendue de son talent comique, déjà perceptible dans les comédies de Richard Quine (L'adorable voisine) mais qui éclate véritablement au grand jour dans le film de Billy Wilder, lequel lui confiera le premier rôle dans cette autre réussite que sera La garçonnière. Avec ses yeux pétillants de malice, Lemmon brille dans toutes les scènes et vole presque la vedette à Curtis. Il faut le voir danser un tango d’anthologie, une rose entre les dents. Mais Tony Curtis n’est pas en reste. Il est tout aussi irrésistible lorsqu’il se fait passer pour un millionnaire zozotant, incapable d’aimer une femme, afin de charmer Alouette. Curtis et Lemmon seront à nouveau réunis dans La grande course autour du monde (1965) de Blake Edwards, un des sommets du burlesque.
Quand à la blonde platine, elle nous offre, pour une des dernières fois déjà (elle ne tournera plus que deux films, Le millionnaire et Les désaxés), son talent et son charme, mêlant sensualité et naïveté. Elle se montre touchante dans la peau de la jeune Alouette, femme en quête d’amour et de bonheur. Comme dans sa vie loin des caméras. L’humour que déroule Certains l’aiment chaud présente plusieurs facettes. En plongeant dans l’Amérique de la prohibition, Wilder réalise déjà une réjouissante parodie des films de gangsters des années 30. Il fait revivre tout un monde de bandits au noms pittoresques qui s’affrontent à coups de mitraillettes. Le recours au noir et blanc et la présence de George Raft (avec un clin d’œil à Scarface), participent de cette inspiration. Il s’agit aussi d’un humour verbal, faisant jaillir des dialogues brillants aux sous-entendus sexuels à peine voilés et des répliques savoureuses dont la plus fameuse demeure : « Personne n’est parfait », surréaliste à souhait. C’est enfin un comique de situation. Ainsi, placer des hommes déguisés en femme parmi d’autres femelles constitue un formidable ressort comique, à condition bien sûr d’être manier avec talent, comme c’est le cas ici. Les gags s’enchaînent à un rythme infernal, les dialogues font mouche. Bref, Certains l’aiment chaud livre une cascade de rires ininterrompue pendant deux heures, chef-d'œuvre incontestable et incontesté. (2001) ⍖⍖⍖⍖
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