Sorti en 1953, Deux Nigauds contre le docteur Jekyll et mister Hyde est un des derniers films réunissant Abbott et Costello, duo comique de pale mémoire. Or à l’instar des précédentes comédies horrifiques ou SF qu’ils ont tournées en quête d’un nouveau souffle, les opposant à Frankenstein, l’Homme invisible ou les frottant à des Vénusiennes sexy, il peut être considéré comme un des moins calamiteux de ces deux Laurel et Hardy au rabais. Ces derniers ne sont d’ailleurs absolument pour rien dans la bonne tenue de cette parodie du roman de Stevenson qui doit tout à sa production de qualité (beau noir et blanc, décors soignés), à des effets spéciaux plutôt habiles pour l’époque, à une poursuite finale farfelue dont s’est probablement souvenu Blake Edwards pour La panthère rose et surtout à un Boris Karloff, excellent comme de juste, auquel certains ont toutefois reproché de brader son talent dans une pitrerie indigne de lui.
Il va sans dire qu’il n’a aucun mal à éclipser les deux rigolos, qu’il avait déjà croisés quatre ans plut tôt à l’occasion de Deux Nigauds chez les tueurs. Moins présents à l’écran que d’habitude, Abbott et Costello le sont malheureusement encore trop. Et dès que la caméra se colle à leurs talons, le film voit alors son intérêt se diluer dans un humour et des situations comiques qui ne déclencheront guère plus qu’un aimable sourire. Vous l’aurez donc compris, Deux Nigauds contre le docteur Jekyll et mister Hyde, agréable comédie au demeurant, mérite surtout un petit coup d’œil pour le grand Boris Karloff que seconde au surplus un John Dierkes inquiétant à souhait dont la gueule est sculptée pour les types sinistres errant dans un brouillard victorien ou glissant avec une raideur lugubre dans quelque laboratoire souterrain. Enfin, si on peut au reconnaître au film la bonne idée de détourner Jekyll et Hyde, mieux vaut se rabattre sur le classique de Jerry Lewis pour en savourer une vraie parodie. (18.07.2025) ⍖⍖
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