John Paddy Carstairs - A Weekend With Lulu (1961)

Si elle leur doit évidemment son identité et sa renommée, la Hammer n’a pourtant pas produit que des films d’horreur, tâtant aussi bien de la science-fiction (La marque), du polar (Un homme pour le bagne) voire même, plus surprenant, de la comédie. A Weekend With Lulu en fournit un échantillon plutôt distrayant. Lulu n’est pas vraiment un personnage (quoique) mais le nom de la caravane dans laquelle des fiancés, Timothy et Deirdre, embarquent pour un week-end à la campagne, flanqué d’un copain et de l’envahissante mère de la fiancée, bien décidée à jouer les chaperons. Malheureusement pour ses occupants, l’attelage se retrouve par erreur sur un train de marchandises qui franchit la Manche et les dépose quelque part en France, en terre inconnue donc. Et hostile. Quelle horreur ! Commence alors une aventure pour rejoindre la civilisation (l’Angleterre). En chemin, ils croiseront le Tour de France, seront collés par un conte visqueux qui aimerait bien mettre Deirdre dans son lit et pourchassés par la police. 


Il va sans dire que le film n’est pas tellement aimable à notre égard, nous représentant comme un ramassis de gens pas bien malins, souvent grossiers, parfois malhonnêtes et bien sûr portés sur la gaudriole. Que les Français soient interprétés par des Rosbifs qui imitent en l’appuyant notre accent anglais ridicule renforce cette caricature un brin désobligeante. Malgré cela, réalisé par John Paddy Carstairs, scénariste entre autres de A Yank At Owford (1938) de Jack Conway, A Weekend With Lulu est une comédie bien troussée  et charmante, ce qu’elle doit autant à l’élégance de Shirley Eaton (Goldfinger) qu’à la présence savoureuse de Irene Handl, sans oublier la truculence complice qui unit Bob Monkhouse et Leslie Philips, archétype du Britannique fair-play en toutes circonstances. Enfin, tourné dans les studios Shepperton (et non pas en France, ce qui est assez évident) et drapé dans un noir et blanc suranné, il s’en dégage le parfum nostalgique d’une époque aujourd’hui disparue. Agréable, parfois délirant (la fin) l’ensemble n’en paraît pas moins assez anodin sinon superficiel, comparé aux réussites passées des Ealing Studios, témoignant en cela du déclin que la comédie anglaise amorce alors au début des années 60. (28.07.2025) ⍖⍖





 

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