Son affiche « conanesque » et le fait qu’il ait pour titre (français) le nom de son personnage ne doivent pas vous tromper : Arnold Schwarzenegger ne joue que les utilités dans Kalidor. Et encore, alors que sa contribution devait se limiter à quelques scènes, l’acteur a vu son rôle gonfler en cours de tournage, à la fois pour d’évidentes raisons commerciales mais aussi et surtout pour palier aux défaillances de Brigitte Nielsen, top model danois que Dino de Laurentiis s’emploie alors à imposer à Hollywood et censée porter le film sur ses épaules dans la peau de Sonia la rousse, elle aussi tirée de l’œuvre de Robert E. Howard (et plus encore d’une BD Marvel). Las, celle qui partagera la vie de Sylvester Stallone pendant deux ans, est incapable de transmettre la moindre émotion, le moindre sentiment. Même Schwarzy est plus expressif qu’elle, c’est peu dire ! Heureusement, dans la version française, l’étendue des dégât est masquée par le doublage assuré par Evelyne Séléna et sa voix familière. En revanche, on n’échappe pas à l’insupportable gamin, sosie du Demi Lune d’Indiana Jones et le temple maudit, lequel vide le film du peu de sérieux qui lui reste.
Ne soyons pourtant pas trop sévères. En dépit d’effets spéciaux déjà ringards à l’époque et le vernis kitsch qui le tartine (moins toutefois que Flash Gordon, produit lui aussi par le nabab italien), Kalidor n’est pas (tout à fait) le nanar que d’aucuns se plaisent à décrire. L’histoire est classique mais divertissante et a le bon goût de ne pas franchir la barre des 90 minutes. Forçant moins sur le regard qui tue et les grimaces, Arnold se révèle même plus convaincant que dans Conan le destructeur que Kalidor supplante finalement en terme de (petit) charme. Surtout, il peut compter sur les nombreux talents réunis, de Danilo Donati (décors et costumes) à Ennio Morricone, pour le sauver du désastre artistique. Quant à Richard Fleischer, son habileté intacte, il fait ce qu’il peut, n’ayant accepté le projet que par amitié pour Dino de Laurentiis. Il dira lui-même du tournage qu’il fut un des plus pénibles de sa carrière, n’espérant qu’une chose, en finir et tourner un autre film ! Malheureusement, il n’en réalisera plus qu’un et des plus obscurs par surcroît : l’inconnu Million Dollar Mystery. C’est par admiration pour le cinéaste que Red Sonja mérite un coup d’œil. (16.07.2025) ⍖⍖
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