Falk Harnack - La hache de Wandsbek (1951)


Nous sommes à Hambourg en 1934. Patriote, Albert Teetjen tient avec son épouse une boucherie mais les affaires ne sont guère florissantes. Lorsqu’un ancien camarade de guerre, armateur devenu SS, lui propose pour la somme de 2000 marks de remplacer le bourreau le jour de l’exécution de quatre communistes, il n’hésite pas longtemps, rassuré par le fait que cette sinistre besogne devrait restée secrète. Or elle ne le reste pas longtemps et la rumeur circule très vite qu’il est le monstre qui a tenu la hache. Se détournant de son commerce, la population entend bien lui faire payer ce qu’elle considère comme un crime, poussant le couple dans une déchéance fatale... Il ne faut pas attendre d’un film réalisé en R.D.A., par un ancien résistant rouge, à fortiori six ans seulement après la fin de la guerre, autre chose qu’une œuvre de propagande, partiale et peu subtile par définition. Proposer une analyse fine de la situation de l’Allemagne sous le IIIème Reich n’est pas son souci. 


Néanmoins et nonobstant l’opposition facile sinon commode entre communistes martyres et nazis fanatiques et la réaction par trop mécanique des habitants du quartier qui accourent dans la boutique du boucher puis l’abandonne avec la même rapidité, La hache de Wandsbek brosse finalement le portrait touchant d’un homme qui incarne à lui seul ces Allemands qui ont cru en Hitler, expliquant son adhésion au nazisme par un manque d’instruction doublé d’un nationalisme naïf attisé par la défaite de 14-18, sur fond de crise économique. Durant la seconde partie (la meilleure), qui succède à une première que freinent des longueurs (les scènes dans la prison), on ne peut que ressentir de la compassion pour ce couple rongé par une faute qui ne peut être pardonnée, victime de la haine populaire et de charognards que le réalisateur Falk Harnack ne se prive d’ailleurs pas d’égratigner. A ce titre et quoique timidement, il n’occulte la responsabilité de personne. Reconnaissons aussi à ce dernier, outre un humour noir bienvenu dans les tentatives toujours contrariées du héros pour se débarrasser de sa hache (à laquelle il réussit à conférer une aura malfaisante), le choix de ne jamais exposer la mort directement à l’écran, qu’il s’agisse de l’exécution ou du suicide du boucher et de sa femme que la ruine tant morale que matérielle ont acculé au pire, en un jugement quasi divin. Malgré ses gros sabots historiques et son message simpliste, le film sera pourtant perçu comme trop complaisant à l’égard du nazisme, ce qui lui vaudra d’être rapidement retiré des écrans d’Allemagne de l’Est…  (10.08.2025) ⍖⍖


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