Charles Barton - Deux Nigauds chez les tueurs (1949)


Contrairement à ce que son titre original et son affiche aux accents fantastiques claironnent, Boris Karloff ne tient bizarrement ni un rôle important ni même celui du méchant dans cette énième aventure du tandem comique Abbott et Costello, qui du reste n’est pas  non plus une parodie de films d’horreur comme l’était Deux Nigauds contre Frankenstein (sans Karloff d’ailleurs). Pastiche des  histoires à mystères, il s’agit en vérité d’un pur whodunit avec cadavres dans le placard ou qui disparaissent. L’intrigue se déroule dans un hôtel. Costello joue un malheureux groom accusé à tort du meurtre d’un avocat aussi réputé qu’antipathique. Secondé par le détective de l’établissement (Abbott), il mène l’enquête afin de démasquer le vrai coupable parmi les suspects qui ne manquent pas, nombreux étant ceux qui avaient une bonne raison d’éliminer la victime. 


Au sein d’une production très inégale, Deux Nigauds chez les tueurs n’est pas le plus mauvais film de ces Laurel et Hardy du pauvre dont, en France, on a toujours eu du mal à comprendre le succès qu’ils ont pu rencontrer entre 1940 et 1956. Une mise en scène fonctionnelle mais rythmée, un Boris Karloff figé inquiétant comme on le lui demande qui, les traits figés, ne force toutefois pas son talent, des seconds couteaux familiers dont on ne souvient jamais du nom (Alan Mowbray, Roland Winters) , de bons gags (Costello déguisé en femme de chambre et dragué par Percy Helton) et un final niché dans les entrailles d’une grotte aux stalactites impressionnantes, lui assurent une tenue honnête à défaut d’en faire un sommet de la comédie américaine. Nous en sommes très loin. (26.08.2025) ⍖⍖


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