Iain Softley - K-Pax : l'homme qui vient de loin (2001)


A sa modeste mesure, K-Pax résume les qualités et les défauts de bon nombre de films américains de ces trente dernières années. Les qualités ? Une bonne histoire, savant mélange d’émotion, de mystère, d’humour et de suspense (un docteur tente de percer les failles d’un type bizarre qui prétend venir d’une lointaine planète), une efficacité éprouvée dans la conduite du récit qui permet de maintenir l’intérêt pendant près de deux heures et une interprétation solide (Jeff Bridges, bon comme à l’accoutumée, Kevin Spacey, un peu agaçant tout de même). La course contre la montre pour percer à jour l’identité de Prot et les raisons tragiques qui l’ont conduit à se murer derrière ce personnage, tient franchement en haleine. 


Les défauts ? Une tendance fâcheuse à appuyer sur les bons sentiments et à abuser du sirop, une vision de l’hôpital psychiatrique convenue qui ne nous épargne aucun cliché et le couplet sur la famille qu’il faut préserver, cher aux Américains et très peu subtil. Tout cela commande un film qui se laisse voir sans déplaisir ni ennui mais explique aussi pourquoi il a depuis sombré dans un relatif oubli et ce, malgré la rencontre au sommet qu’il orchestre entre Jeff Bridges et Kevin Spacey dont il faut rappeler qu’à l’époque il figurait parmi les acteurs les plus respectés, avant que des accusations de harcèlement et d’agressions sexuelles ne viennent durablement interrompre sa carrière... (31.08.2025) ⍖⍖


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