Troussé par Eric Jeffrey Haims, obscur et timide artisan d’un cinéma X encore balbutiant et auquel on doit le débile – mais rigolo - A Clock Work Blue (1972), 101 Acts Of Love commence à la manière d’un mauvais softcore, la couleur en plus. Voix off agaçante et scènes de cul simulées où se distinguent à peine des attributs masculins en berne dictent un de ces (faux) documentaires dont les visées éducatives servent de prétexte à mater des couples entrain de faire l’amour. Puis brusquement, le film s’enfonce dans la fente du porno qu’il ne quittera plus jusqu’au générique de fin. Une femme suce son partenaire avant de le chevaucher, prélude au coup de folie qui suit, longue séquence de sexe (enfin) explicite baignant dans une ambiance psychédélique que bercent à la fois une musique aux effluves lounge et une voix masculine qui récite des poèmes d’Elizabeth Barret Browning, le tout entrecoupé de courts plans de paysages ou d’oiseaux qui volent dans le ciel.
Dans un décor quasi onirique, se succède une enfilade de ça-va-ça-vient dans toutes les positions que commente de façon monotone Lindis Guinness dans la peau de la sexologue Anne Foster, elle-même auteur du « scénario ». Si en 1971, 101 Acts Of Love pouvait exciter un public de miteuses salles de quartier, avide de parties sexuelles, aujourd’hui, se limitant à des chibres qui fourrent des chattes sans jamais dévoiler leur gland, il paraîtra bien timoré, propice à émoustiller au mieux quelques puceaux. D’un intérêt mineur, ce petit porno n’est toutefois pas sans ruisseler un certain charme fascinant à défaut de hisser les couleurs. Et s’il serait très exagéré de voir en lui un auteur ignoré dont on regretterait que la carrière ait été si courte, le fait est que Eric Jeffrey Haimes développait une approche de l’érotisme et du sexe à la fois idiote et barrée qui faisait tout le sel de bobines joyeusement mauvaises. (03.06.2026) ⍖⍖
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