George Marshall - P'tite tête de troufion (1957)


En 1956, Un vrai cinglé de cinéma de Frank Tashlin réunit pour la dernière fois Dean Martin et Jerry Lewis. Celui-ci, avant de devenir l’auteur complet de ses films dès 1960 et Le dingue du palace, continue tout d’abord de faire le pitre en solo dans une série de petites comédies. P’tite tête de troufion est la deuxième qu’il tourne sans le crooner. Ce n’est pas la plus fameuse, raison pour laquelle elle demeure moins connue que Trois bébés sur les bras ou Le kid en kimono, tous les deux emballés par le fidèle Tashlin en 1958. Adapté d’un comics, qu’il trahit semble-t-il, The Sad Sack enrôle dans l’armée notre comique grimacier préféré. Evidemment, Meredith C. Bixby se fait moins remarquer par ses aptitudes à servir son pays que par ses multiples gaffes et catastrophes qu’il provoque dans toutes les bases où il est affecté. Envoyé au Maroc, il se retrouve mêlé à un trafic de matériel militaire qu’il contribuera à démanteler. Bien que troussée par George Marshall qui avait dirigé le duo Martin / Lewis à trois occasions (dont le génial Un galop du diable en 1953) et artisan chevronné par ailleurs, cette farce militaire peine à déclencher plus que des sourires. Jerry Lewis n’y est pour rien, qui livre son numéro habituel lequel, en français, doit beaucoup il est vrai à la voix nasillarde de Jacques Dynam. On aime ou pas. Nous, on aime. 


Malheureusement pour lui et contrairement aux films qu’il a joué avec Dean Martin, il est cette fois mal ou peu accompagné. David Wayne est toujours aussi peu sympathique, Phyllis Kirk n’a pas le charme de Joanne Dru (Le clown est roi), Lori Nelson (Le trouillard du Far West) ou de Martha Hyer (Le délinquant involontaire) bien que, s’amusant du sexisme dans l’armée, elle ait de bons moments. Seul Gene Evans assure un de ces seconds rôles de caractère qui manque tant au film. Quant à Peter Lorre, il est inexistant et triste à voir en Arabe enturbanné et ivre ce qui, connaissant son goût pour la dive bouteille, n’a pas dû lui demander trop d’effort. Pis, le gag rare, P’tite tête de troufion se traîne, poussif. Après un début plutôt amusant (la scène du train, l’arrivée dans la base, le dortoir des filles), le scénario tourne à vide. Et s’il regagne en intérêt en déportant son récit dans un Maroc de studio, ce mélange d’aventures et de comique s’avère sous-exploité dans une dernière partie dont on ne retient guère que la participation de Liliane Montevecchi en danseuse de club aux airs de Casablanca. Si l’ensemble se suit sans déplaisir bien que d’un œil lointain, l’admirateur de Jerry Lewis lui préférera très nettement ses aînés avec Dean Martin ou plus tard Docteur Jerry et Mister Love… (07.10.2025) ⍖⍖

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