Chansonnier, acteur, animateur de radio et surtout homme de télé auquel on doit les émissions cultes Le petit rapporteur ou L’école des fans mais personnage complexe à la fois égocentrique, exigeant et autoritaire, il n’est pas surprenant que Jacques Martin ait été tenté par la réalisation. Cependant, n’est pas Jean Yanne qui veut et Na !, son unique tentative qu’il met en scène, écrit et interprète en 1973, sera un échec aussi bien artistique que commercial. Derrière la caméra, son travail n’est pas si honteux pour un débutant mais sans idées ni folie. Comme acteur, il a le bon goût de finalement s’effacer au profit de la poignée de vieux comédiens qu’il a recrutés et quand bien même il s’est attribué le premier rôle d’un improbable révolutionnaire, ancien prêtre et militaire qui végète depuis son retour d’Algérie entre deux séjours à la Santé. C’est donc surtout au poste de scénariste qu’il échoue.
Cette histoire de retraités qui s’organisent (le MLV : Mouvement de libération des vieillards), manifestent et finissent par braquer la Sécurité Sociale était pourtant amusante, gorgée de cette fièvre contestataire et anar à la Mocky. Mais, bordélique dans le mauvais sens du terme et plus souriant que vraiment drôle, le récit patine en roue libre, jalonné de scènes grotesques en un délire à peine contrôlé. Il en résulte une comédie pénible, parfois attachante néanmoins, qui porte l’incontestable personnalité de Jacques Martin dont on retrouve un peu l’esprit satirique des émissions, et que sauve (presque) l’apparition évidemment savoureuse de Hubert Deschamps en évêque (!) et le plaisir de revoir des vieux de la vieille comme Henri Crémieux ou Lucien Raimbourg. Film malheureusement raté, Na ! demeurera un exercice sans lendemain pour Jacques Martin qui se consacrera dès lors à son activité d’animateur à la radio et à la télé à la manière d’un chef de bande. (23.09.2025) ⍖
.jpg)


Commentaires
Enregistrer un commentaire