Janvs - Vega (2008)


A mon avis, on ne parle pas suffisamment souvent de la scène metal italienne laquelle, je vous rassure, ne se réduit pas au médiocre Rhaposdy (Of Fire) ! La chapelle extrême y est active, bien que moins éclairée que celle de la Grèce par exemple. Et particulièrement intéressante de surcroît… Et je ne pense pas, la non plus, à Graveworm, formation sympathique néanmoins, mais plutôt à des entités telles que Void Of Silence, Tronus Abyss, Novembre ou bien Janvs, puisque c’est de lui dont il s’agit dans cette chronique. Vega est la seconde offrande du trio transalpin, la troisième si l’on compte la démo Nigredo. Si cette dernière a pu être comparée au Filosofem de Burzum (est-ce encore utile de le préciser ?), ce nouvel album témoigne de l’évolution artistique de ses géniteurs qui ont depuis accosté des terres quasi vierges, où il est bien plus délicat d’évoquer de quelconques influences. Le groupe dessine désormais un black metal évolutif, atmosphérique, pour ne pas dire, progressif. Vega illustre surtout que Janvs porte décidément bien son nom car son art affiche deux visages bien distincts : l’un agressif, noir et presque terrifiant, l’autre, plus lumineux et élégant, qui doit beaucoup à l’emploi de la langue italienne. Du reste, tous les deux partagent une certaine mélancolie tranquille. Hormis un instrumental (« Dazed »), positionné au milieu, les six autres titres possèdent tous une durée assez élevée, le dernier d’entre eux atteignant même les onze minutes. 


« Torri Di Vetro » montre le visage le plus rageur des Italiens, décharge noire néanmoins zébrée par des soli beaux à en pleurer. Car tout l’art de Janvs réside dans cette capacité à agglomérer dans un même espace, des parties violentes où la batterie s’accélère, où le chant racle, et d’autres plus atmosphériques. Si « Saphire » est une petite merveille de raffinement, poème planant qui voit le groupe décoller très haut vers des sphères célestes inaccessibles aux communs des mortels, « Tarab » est une pulsation d’une noirceur absolue, d’une intensité démentielle, irriguée par des riffs obsédants, hypnotiques, qui labourent les chairs et l’âme. En revanche, « Mediterraneo » voit les Italiens jouer aux équilibristes sur une ligne qui sépare leurs deux visages. Puis vient le superbe titre éponyme, d’une profonde mélancolie et qui n’est pas sans rappeler les travaux de Novembre, le chant clair notamment y fait beaucoup penser, ainsi que les ambiances désespérées et délicates égrenées par de guitares qui suintent la tristesse. Enfin, lorsque surviennent les premières notes du terminal « Vesper II », c’est une forme de plénitude, de sérénité qui nous enveloppe, rampe de lancement vers les étoiles belle comme un chat qui dort (mon dieu, quel final !). Avec cet album, Janvs vient de frapper très fort ; il est un de ces chefs-d’œuvre qui n’ouvrent leur intimité que petit à petit. Ainsi, si Vega peut sembler de prime abord plutôt simple, les écoutes successives donne ensuite l’image d’une œuvre bien plus complexe, une œuvre qui se mérite, doit se dompter. Mais la récompense est au bout du chemin et quelle récompense ! Noir, magique, éternel… (08.02.2009) ⍖⍖⍖

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