William A. Seiter - Ô toi ma charmante (1942)

Si dans l’imaginaire du cinéphile, Fred Astaire reste éternellement associé à Ginger Rogers, il a pourtant dansé avec bien d’autres actrices et plus particulièrement Rita Hayworth le temps de deux films, avec laquelle, osons l’affirmer, il a formé un couple au moins aussi magique – si ce n’est plus – qu’avec sa partenaire historique. En 1939, La grande farandole met un terme au légendaire duo Astaire / Rogers dont le succès s’érode alors depuis quelques films déjà et ce, malgré une qualité  pourtant intacte. Il partage ensuite l’affiche avec Eleanor Powell (Broadway qui danse) puis Paulette Goddard (Swing Romance) mais le charme opère moins. C’est finalement avec Rita Hayworth, encore en attente du mythe Gilda (1946), qu’il retrouve la complicité qui le liait à Ginger Rogers. L’amour vient en dansant (1941) est un triomphe qui pousse évidemment la Colombia à les réunir à nouveau. Le résultat est Ô toi ma charmante (titre français encore une fois aussi idiot que peu engageant), délicieuse comédie romantique servi par les rythmes ensoleillés de Xavier Cugat. 


Les numéros de danse sont moins spectaculaires que dans d’autres comédies musicales mais quelle élégance, quelle grâce ! Et quelle beauté ! Jamais peut-être Rita Hayworth n’est apparue aussi sensuelle, le corps moulé dans des robes dont elle ne cesse de changer, fastueuses et de plus en plus suggestives à mesure que la passion la dévore. Aussi craquante que charmante, elle est irrésistible, passant de la femme froide comme un frigidaire à l’amoureuse passionnée Et sans être la danseuse la plus accomplie, elle n’a pas à rougir de la comparaison avec Ginger Rogers justement ou Cyd Charisse. On ne peut d’ailleurs que regretter que Fred Astaire et elle n’aient pas poursuivi ensuite cette association pourtant ô combien stimulante. Scénario brillant basé sur un efficace quiproquo (auquel a collaboré Delmer Daves), dialogues pétillants et seconds rôles savoureux (Adolphe Menjou en père à la fois autoritaire et protecteur) bétonnent cette comédie pleine de vitalité,  plus sentimentale que musicale. Et il y a Fred Astaire au style inimitable. Ô toi ma charmante est un film qui fait un bien fou, jamais vulgaire, toujours ensorcelant. (29.09.2025) ⍖⍖⍖


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