Edwin L. Marin - A Study In Scarlet (1933)


Paru en 1887, "Une étude en rouge" est la première aventure de Sherlock Holmes et du docteur Watson. S’il en porte le titre, A Study In Scarlet n’a pourtant pas grand rapport avec le roman de Conan Doyle. N’en ayant pas obtenu les droits, les producteurs embauchent Robert Florey (Noix de coco, Double assassinat dans la rue Morgue) afin d’imaginer une enquête du célèbre détective  (très) vaguement inspirée de l’ouvrage prétendument adapté. Généralement, on mesure la valeur d’une adaptation de Sherlock Holmes d’une part à la qualité de son scénario et d’autre part à la capacité de son acteur principal à incarner le personnage. Fort d’une intrigue ingénieuse, A Study In Scarlet valide le premier point. Les membres d’une organisation secrète sont assassinés les uns après les autres.  Leur fortune étant ensuite redistribuée entre les autres membres, le mobile est évident. On découvrira que le coupable est en fait une des victimes qui a mis en scène sa propre mort pour échapper au soupçon. Cette astuce ne manquera pas de rappeler un autre roman policier, non pas de Conan Doyle mais d’Agatha Christie : "Les dix petits nègres". Or celui-ci a été écrit en 1939 soit six ans après le film. La romancière avait-elle vu A Study In Scarlet ? Nul ne le sait mais la  ressemblance est troublante. 


En revanche c’est au niveau de l’interprétation que le bât blesse. Non pas que Reginald Owen soit un mauvais comédien mais il n’est tout simplement pas Sherlock  Holmes. Le fait qu’il ait aussi joué Watson l’année précédente dans le film éponyme de William K. Howard confirme par ailleurs qu’il ne possède pas le physique du détective, qu’on préfère incarné par des acteurs au visage plus émacié tel que Peter Cushing et bien sûr Basil Rathbone dans une série restée fameuse et bien supérieure à cette adaptation. Quant au partenaire de Holmes, il est inexistant sous les traits de Warbuton Gamble. La présence de la troublante Anna May Wong, des décors décrépis qu’enténèbre un éclairage parfois expressionniste enveloppent A Study In Scarlet d’une atmosphère sinistre qui ne saurait toutefois suffire à le sauver d’un ennui bavard et vieilli. Une rareté à découvrir à tout le moins. (07.11.2025) ⍖


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