La mariée a du chien, cela pourrait être le titre d’une de ces inoffensives comédies animalières usinées par le studio Disney avec Dean Jones telles que Quatre bassets pour un danois de Norman Tokar. Si elle est effectivement inoffensive, cette comédie ne vient pas de chez Mickey mais de la Universal. Tony Curtis en est la vedette. Après des débuts sous le signe de l’aventure, exotique tout d’abord (Le voleur de Tanger), plus ambitieuse par la suite (Les Vikings, Spartacus), l’acteur se découvre un potentiel comique à l’aube des années 60 grâce à Billy Wilder et Blake Edwards qui l’emploient respectivement dans Certains l’aiment chaud et Opération jupons. Il en enchaîne alors de ce type de rôle, drôle mais toujours séducteur, dans toute une série de films, certains excellents (La grande course autour du monde, Une vierge sur canapé), d’autres plus anodines (Des ennuis à la pelle). Wild And Wonderful fait incontestablement partie des seconds.
Devant la caméra de l’anglais de Michael Anderson, assez peu à sa place dans ce registre humoristique, il y a pour partenaire son épouse du moment, Christine Kaufmann, toute en distinction ravissante, et surtout un caniche français, qui répond au nom curieux de Monsieur Cognac. Irrésistible cabot, le toutou lui vole carrément la vedette ! Comédien au poil, il faut le voir siffler des verres d’alcool ou, jaloux, tenter de se débarrasser de cet humain envahissant qui renifle sa maîtresse d’un peu trop prêt à son goût (citons la scène du piano tournée dans le style du cinéma muet, l’une des plus réussies d’ailleurs). Le résultat est aussi idiot que charmant, parfois délicieusement absurde, auquel manque néanmoins le brin de folie nécessaire pour l’élever au-dessus de la simple comédie inodore. Il faut patienter jusqu’au final chaotique, selon le procédé du film dans le film, où une équipe de télévision enregistre une émission sur Monsieur Cognac, pour que La mariée a du chien flirte enfin avec le délire espéré et trop attendu. Sans surprise, cette comédie n’a satisfait personne, à commencer par Tony Curtis ; elle est totalement oubliée aujourd’hui, comme le confirme le fait qu’elle soit introuvable sinon dans une version originale très abîmée et par surcroît uniquement sous-titrée en portugais ! (31.10.2025) ⍖⍖
.jpg)


Commentaires
Enregistrer un commentaire