Malgré le physique avantageux de sa chanteuse Leeni-Maria, dont la seule présence sur la pochette de Shadowheart devrait lui permettre de vendre quelques exemplaires de plus auprès de la gent masculine, Kivimetsän Druidi n’est pas un groupe que l’on a envie d’aimer. Repérés par Century Media grâce à leurs deux EP, les Finlandais ont de belles gueules…d’opportunistes, eux qui semblent manger à plusieurs râteliers, notamment ceux, très rentables il est vrai, du folk metal à la Finntroll (comme l’illustrent leurs maquillages guerriers) et du metal à chanteuse à la Nightwish, époque Oceanborn, les moyens en moins. Et comme ça fait toujours bien pour la crédibilité d’honorer The Gathering, une reprise (maladroite) de « Leaves » figurant en bonus sur l’édition limitée, est bien mise en avant par Century Media. Bref, on tient là une espèce de marmite soignée où baignent relents de metal épique, de black folklorique et de gothic. Au moment de glisser dans la fente ce premier essai, on se méfie donc beaucoup. Et pourtant, si l’on ne peut bien entendu pas parler de miracle à son endroit, il faut bien admettre que Kivimetsän Druidi, en dépit des clichés qu’il aligne comme des pinces à linges sur un fil, en dépit aussi d’un son parfois un peu maigrelet (les claviers ont ainsi la puissance et l’ampleur d’un Bontempi) vaut (un peu) mieux que les premières impressions qu’il suscitent chez le metalleux aguerri.
Shadowheart se révèle être un disque d’honnête facture qui s’écoute facilement. La première moitié est même très plaisante – davantage que la seconde qui traîne en longueur - avec des titres efficaces et souvent assez longs de l’acabit de « « Blacksmith », « Jäässä Varttunut », « Halls Of Shadowheart », « Pedon Loitsu » ou bien encore « Burden ». Les riffs savent être saignants quand il le faut et la chanteuse possède ma foi un beau petit brin de voix. Ce n’est donc pas très original, à l’image de l’alternance entre grognements de bête en rut et lignes vocales féminines mais cet accouplement entre – pour faire simple – Finntroll et Nightwish, sous l’œil de Battlelore avec lequel le groupe noue plus d’un point commun, s’enfile donc avec plaisir à défaut de déclencher chez l’auditeur une éjaculation généreuse. A suivre néanmoins, notamment pour les amateurs du genre, et à voir sur scène ce que ses membres ont dans la culotte, avec Korpiklaani et Battlelore justement. (19.11.2008) ⍖⍖
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