Le black metal n’a pas attendu des Norvégiens à peine sortis de l’école pour s’exprimer et exister. Presque dix auparavant, des groupes prêtaient déjà allégeance au Grand Bouc, sauf que pour eux satanisme ne rimait pas avec églises brûlées, mais plutôt avec Aleister Crowley, Anton LaVey et Eglise de Satan. Le black metal d’alors s’incarne par le goût de la provocation, d’une imagerie (pseudo) diabolique et par textes d’où exsude une admiration, parfois non feinte, pour Belzebuth. En ces temps anciens, Venom, Bathory et Mercyful Fate faisaient peur. Le dernier du lot, sans doute moins, alors qu’il reste probablement le plus sincère des trois, notamment grâce à son chanteur, King Diamond. Si la musique forgée par le groupe s’inscrit dans une veine purement heavy metal, parfois mâtinée de thrash, le reste transpire la soumission à Satan, depuis le visuel de l’album (pochette, photos…) au look du King, sans oublier des textes aux paroles explicites (« My sweet Satan you’re the one »).
Aujourd’hui, l’atmosphère occulte qui l’enveloppait s’est diluée, mais à l’époque, Mercyful Fate s’identifiait au Mal, certes moins que Bathory, mais quand même. Le chant possédé et si étrange de King Diamond et les duels de guitares sanglants du tandem Hank Shermann et Michael Denner, d’où jaillissent des ondes noires et pesantes participent de cette sombre aura comme imprégnée de rituels interdits, de sacrifices et de messes impies. Après un premier mini album, Nuns Have No Fun et un Melissa, pierre angulaire du heavy metal naissant, Don’t Break The Oath, bien que moins fourni en morceaux de bravoure que son immortel prédécesseur, recèle nombres de prières inversées propices à glorifier les forces des Ténèbres. Bien que moins imparables que les « Evil », « Curse Of The Pharaon » ou « Melissa », certaines sont de pures perles noires, admirablement pensées, telles que « A Dangerous Meeting », « The Oath », « Gypsy » et surtout « Come To The Sabbath », apogée créatrice du groupe danois, véritable déclaration d’amour du King à son Maître ! Cette seconde offrande longue durée demeurera aussi pendant longtemps le testament de Mercyful Fate, celui-ci ayant décidé peu après de mettre fin à sa carrière, surtout afin de permettre à son vocaliste de se concentrer son projet solo. (03.09.2007) ⍖⍖⍖


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