Metallica - S/T (1991)


Il est des albums pour lesquels les mots manquent et semblent inutiles : les chefs-d’œuvre, les daubes et les trop connus. Metallica, cinquième opus du groupe de Frisco, que les fans ont plus l’habitude de baptisé pour y faire référence, le Black Album, rentre sans aucun doute possible dans la dernière catégorie. Qui n’a pas headbanger comme un trisomique sur les puissants « Enter Sandman », « Holier Than Thou» « Wherever I May Roam » ou le rampant « Sud But True » et le méconnu mais néanmoins excellent « My Friend Of Misery » ; qui n’a pas roulé une pelle et emballé une gonzesse sur les deux ballades « The Unforgiven », introduite par une ambiance façon Ennio Morricone (le groupe n’ouvre-t-il d’ailleurs pas ses concerts par « The Estacy Of Gold » que le compositeur italien à écrit pour le film de Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand ?) et surtout « Nothing Else Matter » comme jadis la génération précédente avec le « Still Loving You » de Scorpions ? Tout a déjà été dit sur ce disque, de la production signée Bob Rock, taillée pour le marché US et à laquelle on préférera toujours le son concocté par Flemming Rasmussen sur les premiers méfaits des Américains, à la pochette intégralement noire (d’où le surnom), seulement décorée d’un serpent peu visible, sans oublier son interplanétaire succès. 


Car si Metallica a atteint son apogée artistique avec le diptyque Ride The Ligthning / Master Of Puppets, c’est bien, un peu à l’instar de Whitesnake, dans un genre bien entendu différent, son opus éponyme qui  lui permet, en s’éloignant de la (relative) sauvagerie de ses débuts pour une musique toujours heavy mais plus policée, de décrocher son Everest commercial. Symbole du nouveau visage de Metallica, suite au décès de son bassiste Cliff Burton, dont on ne dira jamais assez le rôle fondamental qu’il occupait au côté de l’hydre à deux têtes Hetffield / Ulrich (And Justice For All… fait un peu office de transition dans sa carrière), le Black Album enfile les hymnes comme d’autres les perles et même la France succombera à leur réussite, c’est dire ! Contemporain du triomphe de Guns N’ Roses et de l’émergence de la scène grunge – Nevermind de Nirvana est sorti la même année -, il illustre une époque, révolue, où le metal avait droit de cité auprès du grand public et des médias généralistes. Faut-il la regretter ? Rien n’est moins sûr, mais cela est au autre débat. Un très grand disque donc, auquel, toutefois, les puristes préféreront toujours ses aînés, plus thrash, pourvus d’une innocence, d’une insouciance absentes désormais et surtout, tout simplement d’un autre niveau car non pollués par des titres anodins du calibre de « Don’t Tread On Me » ou « Through The Never ». (28.08.2007) ⍖⍖⍖

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