Gary Moore - Rockin' Every Night (1986)


Grâce à son sous-titre – Live In Japan -, on sait que cet enregistrement a été capturé au pays du Soleil Levant. Or c’est à peu près tout ce que l’on sait de ce live. Aucune date n’est mentionnée dans un livret bien maigrichon qui fait dans le minimum syndical. Heureusement les gars qui accompagnent le guitariste nous permettent de combler cette lacune, notamment la présence de Ian Paice derrière les fûts. Carbone quatorze humain, le batteur aide à le dater lui dont le passage éclair aux côtés de l’Irlandais s’est tenu entre son départ de Whitesnake et la reformation de Deep Purple. Nous sommes donc au début de l’année 84, lors de la tournée mondiale que Gary Moore effectue alors et dont We Want Moore donnait déjà un aperçu. Heureusement, Rockin’ Every Night évite le doublon avec son mythique prédécesseur en décochant une set-list totalement différente (seuls « Rockin’ And Rollin’ » et « Back On The Streets » figurent sur les deux albums). Dans tous les cas, il s’agit là de la période la plus hard rock du père Moore et sans doute l’apogée de sa carrière. 


Si son jeu éblouissant bourré de feeling y puise ses racines, l’homme n’est pour autant pas encore tombé dans la marmite du blues, genre qui marquera tant la seconde partie de sa vie. Au contraire, il a alors toute sa place au sein de la confrérie métallique, comme en témoignent les survitaminés « Rockin’  Every Night », « Wishing Well » ou « Nuclear Attack ». Le fait qu’il soit secondé par des mercenaires tels que Neil Murray (ex-Whitesnake) et Don Airey (ex-Rainbow, et beaucoup d’autres) participent aussi de cet ancrage. Sinon, fidèle à ses habitudes, Gary Moore fait hurler sa guitare, la fait couiner façon chatte en chaleur, comme lors de la power-ballad stratosphérique (exercice dont il est passé maître), « I Can’t Wait Until Tomorrow », véritable orgasme sonore de plus de dix minutes, ou lors de la démonstration saignante, « White Knuckles ». Les notes pleuvent telle une cascade, pour le plus grand bonheur des fans. Mais loin de la branlette de manche, une réelle puissance émotionnelle s’en dégage toujours. A entendre ces brûlots propices au headbanging sauvage, on ne peut que regretter le choix de l’artiste d’avoir pris depuis ses distances avec le hard et de lui préférer désormais le blues qui, reconnaissons-le, le convient néanmoins admirablement. Mais bon, les vieux cons nostalgiques ne peuvent avoir qu’une pensée émue pour cette période dorée. A l’époque, Gary Moore, c’était quand même autre chose ! Moins célèbre que We Want Moore, ce live en constitue un complément précieux.(11.07.2007) ⍖⍖⍖

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