Si Deep Purple ou Rainbow avaient fait appel à une chanteuse tout en colorant leur palette musicale de teintes progressives plus évidentes, cela pourrait donner Mostly Autumn ; filiation qui du reste ne peut que sauter aux oreilles à l’écoute de l’introductif et puissant « Fading Colours », dont la descente de manche semble toute droit sortie des premières mesures du Difficult To Cure de Ritchie Blackmore. De même, l’incontestable leader de la formation britannique, Bryan Josh, qui officie à la fois derrière le micro, à la guitare, aux claviers et parfois à la basse, possède un jeu à la croisée de l’homme en noir et de David Gilmour. Pink Floyd est d’ailleurs l’autre influence majeure du groupe, comme en attestent les passages les plus progressifs, les plus planants (« Further From Home »). Mais il ne faudrait pas trop le réduire à ses modèles car Mostly Autumn détient aussi une identité forte et qu’il a développé au fil du temps, contribuant à lui conférer une place singulière au sein de la scène rock anglaise. Le groupe distille un rock puissant, sans être réellement hard, aux multiples envolées progressives, le tout enrichi d’influences celtiques que le recours à des instruments tels que le violon ou la flûte laisse échapper.
Surtout, il y a cette merveilleuse chanteuse, au timbre si particulier, la flamboyante Heather Findlay, dont la voix, souvent couplée à celle du guitariste, ne peut que filer le frisson. Après Storms Over Still Water, galette de haute volée dont il s’avère très proche, Heart Full Of Sky, en plus d’être très certainement l’œuvre la plus aboutie des Britanniques – comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement avec des fulgurances telles que « Fading Colours », « Pocket Watch », l’émouvant « Blue Light », « Walk With The Storm », le bouleversant « Find The Sun » ou le superbe « Ghost » (en fait, tous les titres mériteraient d’être citer tant ils se révèlent tous imparables) ? -, représente une nouvelle étape vers son indépendance. La création de son propre label (Mostly Autumn Records) fut la première ; le financement de l’album par les fans, en est la seconde ; démarche originale, et risquée (le dit album a intérêt d’être à la hauteur) mais ô combien avantageuse pour l’artiste épris de liberté artistique ! Et Dieu sait que le groupe tient à cette précieuse liberté que les label ont trop souvent l’habitude de museler. Dans tous les cas, Mostly Autumn a réussi son pari en offrant un album monumental, emprunt d’un feeling rare, pourvu d’aucun temps mort, et qui fera date dans l’histoire du genre, du moins, espérons-le. Une lourde tâche l’attend désormais : faire aussi bien, voire mieux, c’est là tout le mal qu’on lui souhaite ! (01.07.2007) ⍖⍖⍖


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